1000 $ aux voyageurs: l'opposition refuse d'adopter le projet de loi en vitesse

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OTTAWA — Les partis d'opposition ont refusé de donner leur consentement pour adopter en vitesse un projet de loi qui empêcherait les voyageurs internationaux de bénéficier d’une prestation allant jusqu’à 1000 $ pour leur quarantaine obligatoire.

Tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique (NPD) souhaitent y apporter des amendements. Le Parti conservateur veut plutôt prendre le temps d'étudier ce nouveau projet de loi en comité.

Le gouvernement fédéral a présenté ce nouveau projet de loi à la Chambre des communes lundi après-midi. Il vise à empêcher les gens qui reviennent de voyages non essentiels de toucher la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE) pendant leur quarantaine, et ce, de façon rétroactive au 3 janvier.

Le Bloc québécois se dit d'accord avec le principe du projet de loi, mais veut déposer un amendement pour qu'il soit rétroactif jusqu'en septembre.

«Tous ceux ayant donc voyagé entre octobre 2020 et le 3 janvier 2021 auraient pu toucher indument ce 1000 $. Ça n’a aucun sens et au Bloc québécois, nous voulons nous assurer qu’aucune personne ayant voyagé pour un motif non essentiel ne soit récompensée en touchant ce 1000 $», a soutenu le leader parlementaire du Bloc, Alain Therrien, dans une déclaration.

Le NPD souhaite de son côté profiter de l'occasion pour rendre la PCMRE plus flexible et plus accessible pour les travailleurs qui en ont besoin, notamment en leur permettant de réclamer un ou deux jours de prestation à la fois pour subir un test de dépistage.

Chez les conservateurs, on blâme l'empressement du gouvernement fédéral, qui a mené à une telle brèche dans la loi.

«Comme la mesure législative originale a été adoptée à la hâte et comme les changements sont rétroactifs au début de l’année, ce projet de loi doit être étudié en comité. Les conservateurs vont examiner la mesure législative et en discuter en caucus», a fait valoir une source conservatrice.

Le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, s'est dit déçu de ne pas obtenir le consentement unanime de tous les partis lundi, tel qu'espéré, pour corriger cette faille dans le projet de loi original.

Lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne, il a soutenu que ce nouveau projet de loi visait à faire un changement «très simple» pour une erreur commise «de bonne foi» par l'ensemble des partis, il y a plusieurs mois.

Ce n'est que lors du congé des Fêtes, alors que les reportages abondaient sur les Canadiens en voyage, qu'il fut révélé que les voyageurs pouvaient recevoir la PCMRE en quarantaine.

La situation a été immédiatement dénoncée par l'ensemble de la classe politique, qui a promis de remédier à la situation dans les plus brefs délais.

En entrevue, M. Rodriguez s'est dit ouvert à améliorer le nouveau projet de loi, mais a insisté sur l'importance de l'adopter rapidement.

«Je vais discuter avec mes homologues des autres partis, mais il y a urgence en la demeure. Il faut qu'on colmate cette brèche-là. C'est une erreur de bonne foi qu'on a tous faite, corrigeons-la tous ensemble», a-t-il lancé à l'endroit de ses collègues.

À défaut d'une entente, le projet de loi suivra son cours normal et sera soumis à des votes et une étude en comité.

Catherine Lévesque, La Presse Canadienne