1000 habitants, pas de dépanneur

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Les citoyens de Saint-Georges-de-Windsor doivent maintenant parcourir plusieurs kilomètres pour pouvoir acheter une simple pinte de lait. Le P’tit marché, qui était le seul dépanneur de la municipalité, a récemment dû mettre la clé sous la porte.

Samuel Frédette était copropriétaire du commerce avec sa mère, Maryse Demers. Ils avaient repris les rênes du dépanneur il y a deux ans et demi lorsque l’ancien propriétaire est décédé.

« La rentabilité du dépanneur a baissé beaucoup, expose-t-il. Pas juste à cause de la COVID, mais pour toutes sortes de raisons. Initialement, il y avait une station-service, mais les pompes n’étaient plus conformes. L’ancien propriétaire avait dû cesser de les utiliser et démanteler le tout. Ça devenait un petit dépanneur-épicerie pour les cigarettes, la bière et la loterie. La rentabilité était moins présente et ça diminuait d’année en année. »

« En combinant la COVID-19, rien n’aide », constate-t-il, ajoutant que les étudiants qu’il employait les soirs et la fin de semaine ont été souvent en isolement volontaire durant la dernière année, ce qui compliquait la gestion.

Les citoyens de la municipalité « ont trouvé ça assez plate », selon les dires de M. Frédette. « Pour aller chercher une bouteille de lait, il faut aller à Val-des-Sources ou à Windsor, à 15 ou 20 minutes d’auto. Les gens comprennent cependant la décision. »

Les deux propriétaires du dépanneur ont quant à eux des emplois : Maryse Demers possède une maison de retraite à Saint-Georges-de-Windsor et Samuel Frédette est ingénieur et possède des immeubles à revenus.

Selon le maire de la municipalité d’environ 1000 âmes, René Perrault, « c’est un mauvais message » pour les futurs citoyens. « Je trouve ça triste, exprime-t-il. Peu importe le commerce qui ferme, on pense que c’est parce que c’est plus tranquille. Mais c’est très vivant à Saint-Georges, je n’en doute pas. Depuis des années, notre population reste stable ou augmente un peu. Peu importe le commerce qui ferme, ce n’est jamais bon. »

Nouvelle vie?

Le commerce de proximité pourrait avoir une nouvelle vie. « Ma mère et moi sommes de Saint-Georges-de-Windsor. On aimerait que ça reparte pour donner des services à la population. On regarde pour une autre option », confie Samuel Frédette, mentionnant que son dépanneur était aussi un lieu de rencontre avant la COVID-19.

« Si on recule dans le temps, les gens arrêtaient le matin pour prendre un café. Il y avait une petite table dans le dépanneur », se rappelle-t-il.

Une nouvelle mouture proposant des produits locaux et des articles de base serait dans les cartons. « On travaille activement pour trouver une solution pour redonner accès aux services. On évalue toutes les possibilités », résume-t-il.

René Perrault a le même souhait. « Je comprends la décision. [...] C’est sûr que la municipalité, avec le comité de développement, on va essayer de trouver une façon de faire revivre le dépanneur. On l’avait perdu il y a une dizaine d’années. Il avait fermé durant une période de quelques mois », explique-t-il, ajoutant que des producteurs locaux ont été approchés pour savoir s’ils étaient intéressés à participer à la relance.

Selon lui, un dépanneur a sa place dans sa municipalité. « Quand on a perdu le poste d’essence, ç’avait fait bizarre. Mais là, perdre le dépanneur, c’est encore pire. Il y a 40 ans, il y avait trois dépanneurs... » se souvient le maire.

St-Vrac

Est-ce que les propriétaires du Comptoir St-Vrac de Saint-Adrien seraient intéressés à exploiter le marché de Saint-Georges-de-Windsor? « On s’est fait approcher par la MRC pour ça, mais on ne travaille pas sur le modèle de franchises », explique le copropriétaire de l’entreprise, Conrad Goulet.

« Ce qui s’en vient, et on est en train de le ficeler, c’est qu’on va assister des communautés dans le démarrage de projets alimentaires, poursuit-il. Avec tout ce qu’on a développé comme technologies, on va pouvoir le partager avec d’autres villages et aider les gens à démarrer leur projet et se mettre en lien avec eux. »

Tommy Brochu, Initiative de journalisme local, La Tribune