2,4 M $ en compensations pour les pertes de récoltes de 2020

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Sherbrooke — Malgré une sécheresse moins prononcée qu’ailleurs au Québec, l’Estrie a vécu son lot de dégâts sur ses récoltes, en 2020. En tout, pour la dernière saison, la Financière agricole du Québec estime qu’elle aura versé près de 2,4 M$ en indemnisations aux producteurs de la région, dont plus de la moitié aux producteurs de foin.

Les producteurs de foin et de pâturages viennent tout juste de recevoir leur quatrième et dernier versement d’assurance-récolte pour les pertes déclarées en 2020. Le chèque total s’élève à 1,4 M$ pour ce secteur de production en Estrie, et à près de 66,5 M$ pour la province en entier.

En ce qui concerne les grandes cultures, soit les céréales, le maïs-grain et le soya, la Financière prévoit verser un total de 500 000 $ à ses assurés.

Les indemnisations pour les apiculteurs ne sont pas dévoilées spécifiquement pour la région, mais M. Blais confirme que ce sont 2 M$ qui auront été dégagés à l’échelle de la province pour compenser les pertes, dont 700 000 $ uniquement pour des mortalités d’abeilles.

Somme toute, Patrice Blais, directeur régional pour la Financière agricole du Québec, affirme que 2020 n’aura pas égalé les malheurs de 2019. Cette année-là, les indemnisations ont atteint près de 4 M$ pour l’Estrie, dont 750 000 $ pour le foin.

« Dans le foin, ce sont des pertes non négligeables cette année, dit-il. Mais si on parle d’autres cultures, par exemple, en 2019, on a eu des pertes assez importantes dans le maïs-grain. On se rappelle que l’année 2019 avait été un peu plus froide et l’automne très pluvieuse. Alors qu’en 2020, ça a été le contraire. On a eu un été très chaud. Et malgré la sécheresse, on a eu de bons rendements. »

La saison de 2020 a été marquée par un printemps relativement chaud et un mois de mai « assez exceptionnel ».

« Plusieurs vont se rappeler qu’on a eu plusieurs épisodes de canicules à la fin mai, début juin, ce qui est assez exceptionnel aussi, mais en même temps, ça a été parfait pour la mise en terre des cultures annuelles, comme le maïs, les céréales, etc. Par la suite, on a eu du beau temps. On a eu des épisodes variés au niveau des précipitations et l’automne n’a pas non plus été particulièrement pluvieux. »

Le gel, qui s’était présenté de façon tardive en juin, a frappé à nouveau en septembre, « mais la majorité des cultures avaient atteint une maturité suffisante, de sorte que les dommages ont été minimes », analyse M. Blais.

Avec la sécheresse qu’on a connue en 2020, doit-on s’inquiéter pour le futur ? Peut-être moins qu’ailleurs.

« Le portrait de la sécheresse au Québec, c’est que majoritairement, on observe des graves problèmes tout le long du fleuve Saint-Laurent. Plus on va se rapprocher de la frontière américaine, moins on va observer de pertes climatiques. Les stations météo ont démontré des conditions beaucoup plus intéressantes. Chaque année, on a des conditions climatiques qui se manifestent de façon complètement différente dans ces zones. »

Rappelons que le régime d’assurance-récolte fonctionne selon un mode collectif pour les producteurs de foin. L’impact financier sur leurs cultures est calculé en fonction des pertes moyennes vécues par les producteurs rattachés à une même station météo. Toute perte n’est pas non plus compensée, puisqu’une franchise est appliquée sur l’indemnisation. En tout, ce sont ainsi près de 300 producteurs de foin et de pâturages qui auront pu être indemnisés cette année.

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune