2020, une année record pour le secteur immobilier

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IMMOBILIER. Avec 110 000 transactions projetées, 2020 aura été exceptionnelle rapporte l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) dans son bilan. Bien que l’année 2019 en fut une bonne, l’année 2020 a atteint un record historique en termes de ventes malgré une chute subite de 75 % au mois d’avril en raison du confinement.

Plus spécifiquement, toutes catégories confondues, on aura constaté une augmentation de 15 % des ventes et une diminution de 29 % des inscriptions. Une hausse importante des ventes de propriétés unifamiliales (+17 %), de janvier à novembre, est également à signaler.

Par ailleurs, un nouveau record de prix attendu pour 2020 au Québec est établi avec 295 000 $ pour l’unifamiliale. Il s’agit d’une augmentation de 13 % depuis la dernière année et d’une croissance nominale cumulée de 212 % depuis 2000; Notons que selon un sondage Léger sur les intentions d’achat et de vente, les jeunes ménages de 18-34 sont proportionnellement plus nombreux à avoir subi un impact financier négatif (44 %) en 2020, ce qui a affecté l’accès à la propriété. La pandémie, et surtout l’arrivée du télétravail, a entre autres chamboulé les comportements des premiers acheteurs et a fait évoluer leurs besoins vers plus de confort, une meilleure qualité de vie et plus d’espace extérieur qu’ils peuvent désormais combler en périphérie des régions métropolitaines. «Le prix des propriétés résidentielles n’est donc plus le critère de choix principal des premiers acheteurs qui était jusqu’ici relié à une nécessaire proximité du lieu de travail», explique Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché à l’APCIQ.

En parallèle, Charles Brant ajoute que «les acheteurs expérimentés sont, quant à eux, en meilleure position financière pour profiter des opportunités du marché immobilier et monter en gamme de produit et de prix. Ils sont proportionnellement plus actifs sur le marché, ce qui se traduit par un glissement du marché vers le haut de gamme».

La proximité du lieu de travail étant moins importante, la résidence secondaire a connu un intérêt marqué, ce qui a créé un renforcement de l’attrait pour la périphérie et la villégiature. «Nous constatons une très forte croissance dans certaines agglomérations de villégiature, doublant quasiment le niveau de ventes atteint en 2019 dans certains cas, ce qui traduit cet engouement pour la résidence secondaire », mentionne-t-il.

Perspectives 2021

Pour ce qui est de 2021, l’APCIQ prévoit que le nombre de ventes sera en baisse, mais que l’activité demeurera forte. Également, les conditions de marché demeureront favorables aux vendeurs bien qu’une hausse de propriétés remises sur le marché soit attendue avec la fin des programmes de soutien gouvernementaux, de même que la fin des reports de paiements hypothécaires octroyés par les banques.

On estime aussi que les unifamiliales continueront d’être la catégorie de propriété la plus recherchée et que le marché de la résidence secondaire demeurera actif malgré la pénurie d’offre.

Ainsi, selon Charles Brant, l’année 2021 sera une année de reprise de souffle. «Nous prévoyons une baisse des transactions de l’ordre de 11 %. Après une activité phénoménale en 2020, nous reviendrons à un niveau plus normal des ventes, avec des conditions de marché toujours favorables aux vendeurs», conclut le directeur du Service de l’analyse du marché à l’APCIQ.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal