2500 emplois disponibles au Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Quelque 2500 emplois sont disponibles au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour inciter les personnes en recherche d’emploi à se tourner vers les secteurs en pénurie de main-d’oeuvre, Services Québec lance une campagne régionale, alors que plusieurs employeurs peinent à trouver des candidats.

La pénurie de main-d’oeuvre frappe en particulier les secteurs manufacturier, de l’agroalimentaire et des soins de santé. Le secteur des services professionnels et techniques, dans lequel on retrouve des emplois en administration ou en génie, par exemple, fait aussi partie du lot.

La grande majorité des postes disponibles sont des emplois à temps plein, parmi les quelque 2500 qui sont à pourvoir actuellement dans la région, selon Services Québec. Dans plusieurs cas, des permanences accompagnent les postes offerts. Des emplois autant spécialisés que non spécialisés sont disponibles.

Ce portrait n’est toutefois pas celui que se font plusieurs personnes qui cherchent un emploi, constate l’organisme gouvernemental, alors que la pandémie de COVID-19 a durement affecté d’autres secteurs comme la restauration, l’hébergement et le tourisme, où le chômage est encore élevé. La pénurie présente avant la crise dans certains secteurs demeure cependant encore d’actualité.

«On a une situation où la pandémie amène les gens à être un peu en attente de quelque chose, en attente de la fin de la pandémie, souligne en entrevue Lison Rhéaume, directrice régionale de Services Québec. Ils ont l’impression que le marché du travail n’est pas favorable à un retour, ce qui n’est pas du tout le cas.»

Campagne Trouve ton emploi avec nous Pour briser cette image et inciter les chercheurs d’emploi à réintégrer le marché du travail ou à se réorienter, les bureaux régionaux de Services Québec ont lancé mardi la campagne Trouve ton emploi avec nous.

Cette campagne propose une page, via tonemploiavecnous.ca, qui invite les visiteurs à se tourner vers l’un des 12 organismes régionaux spécialisés dans l’accompagnement des chercheurs d’emploi.

«Les gens qui sont chez eux, c’est le temps de se préparer à retourner sur le marché du travail ou même à intégrer directement, lorsqu’on est prêt, le marché du travail», lance Mme Rhéaume, qui souhaite donner espoir à ceux qui hésitent à effectuer un retour ou à réorienter leur carrière.

La région comptait 8900 chômeurs en janvier, selon les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec, alors que le taux de chômage atteignait 6,4%.

Services Québec souhaite par cette campagne faire connaître ces organismes spécialisés en développement de l’employabilité, avec qui l’organisation travaille depuis plusieurs années dans la région, comme Accès Travail-Emploi ou encore le Carrefour jeunesse emploi des différents secteurs.

Accompagnement personnalisé Ces organismes offrent un service personnalisé selon les besoins, en respectant le rythme de chacun et en «prenant la personne là où elle est», ajoute la directrice régionale.

Cet accompagnement personnalisé via ces organismes et les agents de Services Québec est devenu un outil supplémentaire, pour plusieurs employeurs, afin de les aider à dénicher et à retenir de nouveaux travailleurs provenant de différents horizons, souligne pour sa part Benoît Lachance, vice-président ressources humaines et commerce de détail chez Nutrinor.

«Il est certain aujourd’hui qu’on apprend à travailler avec de la main-d’oeuvre qui est différente. Je pense que ça nous oblige, nous, à revoir nos plans d’intégration, à mettre en place du parrainage, de l’accompagnement», partage celui qui est également membre du Conseil régional des partenaires du marché du travail (CRPMT).

La campagne Trouve ton emploi avec nous est d’ailleurs l’une des réponses aux enjeux du marché du travail régional identifiés plus tôt cette année par les membres du CRPMT, qui travaille de pair avec Services Québec.

Des projets retardés Comme pour plusieurs autres entreprises du secteur agroalimentaire, la pénurie de main-d’oeuvre à laquelle Nutrinor faisait face avant la crise sanitaire est toujours bien présente. «On a retardé des lancements de gammes de produits, parce qu’on n’avait pas la main-d’oeuvre disponible», témoigne Benoît Lachance.

La coopérative peine, par exemple, à dénicher des camionneurs, manœuvres et opérateurs en usine, techniciens en informatique, ou encore du personnel en ressources humaines, alors que les activités de la coopérative sont en croissance dans le secteur agroalimentaire et dans ses quincailleries.

«Je pensais de mon côté, avec la fermeture de certaines entreprises, qu’on allait avoir plus de candidatures, mais ce n’est vraiment pas le cas», souligne M. Lachance.

Vingt postes sont à pourvoir au sein de l’organisation, qui doit se tourner vers des sous-traitants et des travailleurs étrangers temporaires pour répondre à la pénurie, d’autant plus pendant la saison estivale.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien