Achat local : la région mobilisée

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La MRC des Pays-d’en-Haut demeure en zone orange depuis maintenant plusieurs semaines. Malgré un afflux de visiteurs parfois important, le nombre de cas actifs de COVID-19 dans la MRC s’élevait à seulement 21 en date du 4 décembre dernier. Les restaurateurs et les commerçants continuent d’opérer et l’élan pour l’achat local ne semble pas faiblir. Tour d’horizon des initiatives mises en place et des mesures financière appliquées, dans cet effort collectif pour supporter les entreprises de la région.

Depuis mai dernier, les plateformes web d’achat local « J’achète Sainte-Adèle » et « J’achète Vallée Saint-Sauveur » sont en fonction. Elles permettent notamment de commander des produits locaux diversifiés et de bénéficier d’une livraison gratuite. Pierre Urquhart, directeur général de la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur, souligne que cette campagne aura sans aucun doute sensibilisé les résidents à acheter localement.

Sonya Ethier, directrice générale de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle salue aussi l’élan d’achat local dans notre région depuis le début de la pandémie : « Les citoyens collaborent et comprennent que c’est le temps d’aider les commerçants. C’est en investissant dans l’économie locale que nous sommes en mesure d’investir dans notre avenir. »

La Chambre de commerce invite autant les commerçants que les citoyens à décorer la façade de leur maison ou de leur commerce en vue du temps des fêtes. En participant, les citoyens courent la chance de remporter un des 5 prix, d’une valeur totale de 3000$. Cet argent servira à dépenser spécifique-ment dans les commerces de la ville. Pour le concours des commerçants, 3 prix d’une valeur de 3000$ sont à gagner. Dans les deux cas, les gens doivent s’inscrire au plus tard le 11 décembre.

Le maire de Saint-Sauveur, Jacques Gariépy, nous parle aussi d’une initiative de la Ville, permettant encore une fois de stimuler l’achat local. En effet, en raison de la pandémie la Ville n’organisera pas de party de Noël pour ses employés. Elle décide plutôt d’offrir à tous – ils sont une centaine d’employés au total – un certificat-cadeau de 50$ dans le commerce de leur choix à Saint-Sauveur, que ce soit des boutiques ou des restaurants. Le maire souligne qu’avec les nombreuses initiatives mises en place et les concours, c’est « au moins 10 000$ de retombées directes dans les commerces de la Ville. »

Dans le même ordre d’idée, la Chambre de commerce de Sainte-Adèle a lancé en novembre dernier son concours « Achetez Noël à Sainte-Adèle ». Des boîtes de dépôt ont été déposées dans 55 commerces de la Ville. Les clients pourront y déposer à l’intérieur leur facture d’achat après avoir inscrit à l’endos leurs noms et coordonnées. Puis, le 14 décembre prochain, un tirage aura lieu afin de remettre plus de 3 500$ en prix : des lots d’argent adélois à dépenser localement, des paniers cadeaux de produits locaux, un forfait nuitée et ski, billets de ski et certificats cadeaux de restaurants.

« L’engouement pour l’achat local se fait ressentir à travers tout le Québec. Par contre, il faut aussi l’encourager pour que les gens de l’oublient pas, d’où les concours comme ceux-ci », souligne Pierre Urquhart.

Pour expliquer la faible hausse des cas de Covid-19 dans la région au cours des dernières semaines, Sonya Ethier et Pierre Urquhart soulignent le travail des commerces et des restaurateurs pour la mise en place des mesures sanitaires. Ils remercient aussi les citoyens pour leur collaboration. « Nous sommes contents d’avoir peu de cas, mais nous voulons continuer d’être prudents. Personnellement, je remercie mes commerçants de ne pas lâcher prise », affirme le directeur général de la Chambre de commerce de la Vallée de Saint-Sauveur. « Nous pouvons lever notre chapeau aux commerçants! », lance pour sa part Sonya Ethier.

La MRC des Pays-d’en-Haut, et plus précisément son service de développement économique et territorial (SDÉT), a aussi participé à la promotion de l’achat local dans notre région. Tout d’abord, par l’entremise d’une initiative qui a pris de l’ampleur au cours de l’été, et une seconde, qui s’inscrit spécifiquement dans le temps des fêtes.

C’est avec enthousiasme que Chantal Ladouceur, directrice par intérim au SDÉT, nous parle de la brigade d’accueil. Ce groupe de bénévoles a permis une meilleure cohabitation sur les sites de plein air cet été. Portée d’emblée par le SDÉT, la brigade s’est développée en collaboration avec la Société de Plein Air des Pays-d’en-Haut. Les bénévoles avaient été initialement recrutés pour assurer le respect des consignes sanitaires et informer les utilisateurs sur l’accessibilité aux services. Graduellement, cette « brigade Covid » s’est plutôt transformée en une « brigade d’accueil ». Celle-ci informait aussi les utilisateurs des différents sites de plein air à leur disposition et de leur coup de cœur dans la région. « Les bénévoles devenaient un peu comme des ambassadeurs de notre région », affirme Chantal Ladouceur. « Pour les remercier et essayer d’assurer une certaine fidélité, nous leur achetions des cartes-cadeaux dans les commerces locaux. Nous avons encouragé 43 entreprises de la MRC via cette initiative », souligne fièrement la directrice du SDÉT.

Dans un deuxième temps, Chantal Ladouceur nous parle d’une initiative mise en place pour la période des fêtes, soit le calendrier de l’avent. Du 1er au 25 décembre sur la page Facebook Plein air Pays-d’en-Haut, une publication quotidienne présente soit une entreprise, une activité, un film ou tout autre attrait relié aux municipalités de la MRC. À chaque vendredi, un concours est aussi annoncé, auquel peuvent participer les citoyens via la page Facebook.

En complémentarité avec la promotion de l’achat local, des mesures ont aussi été mises en place afin de soutenir financièrement les entreprises, les entrepreneurs et les commerces pendant la crise de la COVID-19.

Le Programme aide d’urgence aux PME a été implanté au début de la pandémie. Shanna Fournier, conseillère senior au développement économique à la MRC des Pays-d ’en-Haut, nous donne quelques précisions et mises à jour sur ce programme d’aide.

Shanna Fournier souligne que tout naturellement, les demandes étaient plus nombreuses au début de la crise. Lorsque la seconde enveloppe de 471 684$ a été octroyée, la première était pratiquement écoulée. Aujourd’hui, étant donné que la région demeure en zone orange et que les commerces peuvent continuer d’opérer, les demandes se font plus rares. Par contre, le montant de 535 050 $ encore disponible constitue un coussin important : « Nous voulons être prêts, dans l’éventualité où il y aurait plus de demandes et que nous passerions en zone rouge. » La conseillère senior ajoute qu’au moment où la région passerait au palier d’alerte maximale, de nouvelles modalités seraient aussi appliquées pour venir en aide aux entreprises.

Ève Ménard, Initiative de journalisme local, Journal Accès