L'action de Dorel grimpe après la conclusion d'une entente pour sa privatisation

David Paddon
·5 min read

TORONTO — Les actions des Industries Dorel ont grimpé lundi de 4,6 % à la Bourse de Toronto, après que le fabricant de vélos et de produits de puériculture a annoncé avoir conclu un accord de privatisation avec un groupe dirigé par Cerberus Capital Management et la famille qui contrôle ses actions à droit vote multiple.

L'offre préliminaire, qui évalue le fabricant de sièges d'automobile, de poussettes, de vélos et de meubles de maison à environ 470 millions $, fera l'objet de nouvelles négociations entre les administrateurs indépendants de Dorel et la famille qui contrôle l'entreprise au moyen d'actions à droit de vote multiple.

Les actions à droit de vote subalterne de Dorel, qui avaient chuté de près de 10 % vendredi, après avoir atteint un sommet de 52 semaines de 15,93 $ plus tôt dans la semaine. Elles ont progressé lundi de 66 cents pour clôturer à 15,05 $ — un cours supérieur au prix de rachat proposé.

Dans le cadre de la proposition d'accord de privatisation, annoncé lundi avant l'ouverture des marchés, le groupe d'achat paierait 14,50 $ par action pour les actions.

«Dorel a accordé au groupe d’acheteurs une exclusivité jusqu’au 10 novembre 2020 afin de mener à terme les négociations et conclure une convention de transaction définitive entre Dorel et le groupe d’acheteurs», a affirmé la société dans un communiqué avant l'ouverture des marchés.

Un représentant des médias de Dorel a affirmé lundi qu'il n'avait aucun autre commentaire, mais davantage de détails pourraient être discutés lors de la publication des résultats financiers du troisième trimestre de l'entreprise, vendredi.

Établie à Montréal, Dorel fabrique une variété de biens de consommation tels que les sièges d'auto pour enfants Cosco et Safety 1st, les vélos Cannondale et Schwinn et les meubles de maison sous des marques telles que Dorel Living et DHP.

Karl Moore, professeur agrégé à l'école de commerce de l'Université McGill, a indiqué que les entreprises devenaient parfois privées si elles s'attendaient à traverser une période difficile.

M. Moore a ajouté que les familles qui détiennent une participation majoritaire dans une entreprise publique pouvaient également souhaiter se préparer à ce qu'une génération transfère la gestion de l'entreprise à des membres plus jeunes de la famille ou à des professionnels extérieurs.

«Un des aspects d'une privatisation comme celle-ci — et j'en ai parlé avec de nombreuses entreprises qui l'ont fait —, c'est qu'on n'a pas à vous soucier des résultats trimestriels, on n'a pas à se soucier de défendre de ce qu'on fait pour une stratégie à plus long terme», a expliqué M. Moore.

Dans son communiqué, Dorel a indiqué que les actionnaires de la famille avaient informé le conseil d'administration en décembre du fait qu'ils rechercheraient un partenaire pour privatiser la société, une décision qui nécessite l'achat d'actions négociées à la Bourse.

Les actionnaires de la famille ont indiqué le 4 septembre qu'ils avaient choisi de travailler avec Cerberus Capital Management, établie à New York, qui gère des actifs d'environ 48 milliards $.

Dorel a souligné que l'offre de 14,50 $ était supérieure de 32 % au cours de clôture des actions de Dorel de catégorie B le 4 septembre, lorsque la famille a annoncé que Cerberus serait son partenaire.

Un rebond après la crise sanitaire

La famille Schwartz, dont les membres occupent des postes de haute direction chez Dorel depuis des décennies, détient 19,18 % des actions en circulation de Dorel sur une base économique et 60,17 % sur une base de vote.

Martin Schwartz, qui est le chef de la direction de Dorel depuis 1992, a indiqué, lors d'une conférence téléphonique en août, que deux de ses trois divisions avaient bien rebondi après le plongeon lié à la COVID-19 au premier trimestre clos le 31 mars.

«Les usines de vélos en Asie ont fermé pendant quatre à six semaines au cours du premier trimestre, réduisant initialement considérablement l'offre. Puis, alors que les usines redémarraient, la demande de vélos a décollé à un niveau jamais vu auparavant», a expliqué M. Schwartz.

Par conséquent, Dorel Sports, qui comprend les activités des vélos, a enregistré un bénéfice record au deuxième trimestre.

Dorel Maison a également bien performé au cours du trimestre, a souligné M. Schwartz, grâce à de fortes ventes de bureaux et d'unités de divertissement et d'autres meubles.

La division des produits de puériculture, qui comprend les sièges d'auto et les poussettes, a mis plus de temps à rebondir en raison de la fermeture de magasins et des stocks insuffisants d'articles tels que les thermomètres.

M. Schwartz a également averti, lors de la conférence téléphonique du 11 août, qu'il était difficile de mesurer l'impact potentiel d'une deuxième vague du coronavirus.

Outre Martin Schwartz, qui est impliqué auprès de Dorel en tant qu'investisseur depuis les années 1980, les actionnaires de la famille comprennent le directeur financier Jeffrey Schwartz, le vice-président directeur des opérations Alan Schwartz, et le vice-président directeur des ventes et du marketing Jeff Segel.

Martin, Alan et Jeff ont cofondé Ridgewood Industries en 1969 et l'ont fusionnée avec Dorel en 1987, lors d'un premier appel public à l'épargne.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:DII.B, TSX:DII.A)

David Paddon, La Presse Canadienne