Alexis Gravel se bat pour un contrat

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Le gardien des Mooseheads d’Halifax Alexis Gravel connaît une dernière année bizarre dans la LHJMQ. Une décision tardive et trois quarantaines obligent, le cerbère de 20 ans n’a joué que cinq petits matchs cette année, lui qui est à la recherche d’un contrat dans les rangs professionnels.

« Je ne me suis pas présenté au camp d’entraînement des Mooseheads, car je regardais l’option d’aller en Europe, indique le Valsourcien. J’avais quelques offres où j’aurais pu aller. Pour la visibilité et pour jouer le plus de matchs possible, la meilleure option, c’était de retourner dans les Maritimes. En plus, il n’y a pas beaucoup de cas de COVID-19 ici. »

Le gardien s’est donc retrouvé en isolement pendant 14 jours lorsqu’il a pris sa décision de réintégrer la formation des Maritimes. Il est retourné en quarantaine lorsqu’il s’est retrouvé en contact avec un porteur du coronavirus, et s’est isolé à nouveau durant deux semaines après les Fêtes.

« C’est pour ça que je n’ai pas joué beaucoup de matchs. Mais je m’attends à en jouer plusieurs d’ici la fin de la saison », assure le gardien, qui porte les couleurs d’Halifax pour la cinquième année.

Dans le vestiaire, la situation faisait jaser. « L’équipe était complète. Après un mois, j’arrive. On tombe à trois gardiens. Mon ancien coéquipier Cole McLaren avec qui j’ai joué durant deux ans a été libéré pour me faire de la place. Ce n’était pas une situation idéale. J’ai eu le cœur brisé quand je l’ai vu partir », souligne-t-il, se réjouissant toutefois que son ancien adjoint se soit trouvé du boulot dans la Ligue de hockey de l’Ontario.

« On a mis ça de côté et ça a bien été après, précise Gravel. Les gars me respectent quand même. Je me suis bien adapté. C’était bizarre au début, mais plus maintenant. »

Contrat

Rappelons qu’Alexis Gravel avait été repêché par les Blackhawks de Chicago au sixième tour en 2018. Cependant, l’équipe n’a pas offert de contrat au gardien. « Je suis allé au camp des recrues et au vrai camp des Blackhawks deux années de suite. Ils avaient jusqu’en juin pour me donner un contrat. Ç’a été une nouvelle décevante quand mon agent Allen Walsh m’a appelé pour me dire [que je n’avais pas de contrat]. Mais là, mon but est d’aider les Mooseheads à gagner le plus de matchs possible et de bonnes choses vont venir. Je pense que l’an passé, je pensais trop à mon contrat », exprime le gardien, qui accepterait également des essais avec des équipes de la Ligue américaine de hockey (AHL) ou de la Ligue de hockey de la Côte Est (ECHL).

Est-ce que la saison COVID est la pire année pour jouer son année de 20 ans? « C’est sûr que c’est plate, car je me bats pour un contrat. Mais je trouve que c’est pire pour les gars plus jeunes qui jouent leur première année dans la ligue. Je me considère chanceux d’avoir joué autant de matchs. C’est plate pour ma dernière année, mais c’est ma réalité. On joue au hockey, contrairement au reste du Canada. Je suis chanceux de jouer, malgré ce qui se passe actuellement », répond celui qui voit ses deux cousins, Charles-Edward et Jérôme Gravel, effectuer leurs premiers pas dans la LHJMQ pour l’Armada de Blainville-Boisbriand et pour les Tigres de Victoriaville respectivement.

« Tous les matchs que je joue, ça peut être la dernière fois que je mets le chandail des Mooseheads, résume-t-il. On ne sait jamais ce qui peut arriver. »

Vétéran

Comme vétéran de 183 matchs avec Halifax, Alexis Gravel veut prêcher par l’exemple. « Notre équipe est très jeune, très talentueuse. Je reste calme dans les situations difficiles. On affrontait la meilleure équipe de la ligue mercredi. Alors qu’on menait 3-0, l’adversaire a marqué deux fois. Il ne fallait pas que mes coéquipiers paniquent. Les jeunes étaient plus stressés, mais les vétérans ont eu confiance. Ça leur démontre qu’on doit continuer à jouer notre match. Nous sommes revenus fort et on a gagné 5-2 », cite-t-il en exemple.

Gravel joue aussi le rôle de grand frère avec James Brady, son adjoint de trois ans son cadet qui dispute une première année dans le circuit Courteau. « Je ne veux pas lui dire quoi faire, mais ma porte est toujours ouverte. Comme aux autres jeunes dans l’équipe, je veux lui montrer qu’il faut travailler fort pour s’améliorer », explique le Valsourcien, ajoutant que son protégé a un bon potentiel et qu’il est talentueux.

Tommy Brochu, Initiative de journalisme local, La Tribune