Après la sécurité, la priorité c’est la relance économique, dit François-Philippe Champagne

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L’ancien chef de la diplomatie canadienne a esquissé quelques orientations de sa vision à la tête du ministère de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie sans se prononcer sur l’option électorale du gouvernement libéral. Il cède son fauteuil à Marc Garneau, précédemment aux Transports.

En conférence de presse, le nouveau ministre «de la relance économique» a indiqué qu’en plus des questions liées aux changements climatiques ou à la résilience contre la pandémie de COVID-19, la priorité était «la relance économique, une fois que la sécurité des Canadiens sera assurée». Ses orientations consistent à priori à «cibler les chaînes d’approvisionnement» ou encore à «créer de nouveaux emplois et faire croître la classe moyenne».

C’est Marc Garneau qui devra désormais porter la voix du Canada à l’échelle internationale dans le contexte du changement qui va intervenir à la Maison-Blanche dans moins d’une dizaine de jours. Il considère le lien avec les États-Unis comme étant «la relation bilatérale la plus importante pour le Canada».

«Nous devons rappeler à nos voisins que les décisions prises des deux côtés de la frontière ont un impact sur l’économie des deux pays, et sur la création d’emplois pour favoriser la relance économique», a avancé M. Champagne en conférence de presse, sous une casquette très portée vers la reprise post-COVID-19.

François-Philippe Champagne remplace à la tête de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains, qui ne se représentera pas aux prochaines élections.

«Justin Trudeau n’est pas seulement mon patron, il est mon ami. Je vais continuer de soutenir le parti libéral, mais ma priorité est ma famille», a déclaré M. Bains qui aimerait se consacrer davantage à ses deux filles comme il l’a annoncé sur les réseaux sociaux.

L’enjeu électoral

Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas confirmé les rumeurs sur la mise en place d’une charpente de campagne électorale. Le chef du gouvernement minoritaire dit avoir privilégié le besoin d’avoir «la meilleure équipe possible» pour affronter la crise actuelle. Sans aller plus loin dans un éventuel calendrier, Justin Trudeau a dit qu’il préférait que tous les Canadiens soient vaccinés avant toute initiative électorale.

Les ministres nouvellement nommés ne se sont pas non plus prononcés sur l’idée d’un chantier électoral cette année. Ainsi ramené à la maison, François-Philippe Champagne serait un soldat important de la garde libérale en cas d’offensive électorale. Il a indiqué que ses conversations avec M. Trudeau s’étaient limitées aux «secteurs importants» et notamment la reprise et à la création d’emplois. Le chef libéral quant à lui a signalé que le député de Saint-Maurice–Champlain s’appuiera sur «sa vaste expérience des affaires dans les secteurs de l’énergie, du génie et de l’innovation pour favoriser notre relance économique à la suite de la pandémie mondiale de COVID-19». Quant au ministre Garneau, tout tournerait autour de la politique étrangère en ce qui le concerne à Rideau Hall. Il est le quatrième à ce poste en quatre ans.

Il laisse sur sa table aux Transports des dossiers brûlants tels que l’offre d’achat d’Air Transat par Air Canada et la crise dans le secteur aérien durement affecté par la pandémie de COVID-19. Les transporteurs aériens, qui ont du plomb dans l’aile, ont le regard tourné vers Ottawa.

Le nouvel entrant au sein de cet attelage gouvernemental, Omar Alghabra, a reconnu que ces dossiers seraient parmi les premiers auxquels il va s’attaquer dans quelques jours. Le député ontarien, nouvellement nommé ministre des Transports, était jusque-là secrétaire parlementaire du premier ministre.

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français