Après les paniers, les bouquets bios

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Bury — Il n’y a pas que des fruits et des légumes qu’un fermier de famille peut livrer toutes les semaines. Émilie Turcotte-Côté, propriétaire des Jardins d’etc. à Bury, s’est aussi engagée dans le circuit court avec un grand amour des fleurs, semant ainsi les graines du mouvement américain « Slow Flower » juste que dans le Haut-Saint-François.

Après avoir repris la ferme familiale en tant que représentante de la cinquième génération, en 2015, l’agronome a tranquillement aménagé des champs de courges, de courgettes, de melons et de fraises sur les terres qui servaient autrefois de pâturages. Elle visait notamment à fournir des fermes qui cherchent à varier l’offre de leurs paniers biologiques. Mais il était hors de question d’oublier les fleurs.

« Les fleurs, c’est une toute petite partie de mon entreprise, mais c’est vraiment ma passion, dit-elle. Je suis passionnée d’agriculture, j’en mange, pour ne pas faire de jeu de mots! Mais les fleurs, ce n’est pas du travail, c’est tellement beau. Par contre, c’est tout un autre monde et c’est une mise en marché complètement différente. »

Chaque semaine de l’été dernier, l’horticultrice se faisait donc une joie d’assembler des bouquets bien travaillés à partir de différentes fleurs et de feuillages variés pour ses 35 abonnés : scabiosa, zinnia, digital, hibiscus bourgogne, pois de senteur, ami, gomphréna, chou décoratif… pour en nommer quelques-uns.

« J’essaie d’offrir des fleurs qu’on ne peut pas retrouver chez le fleuriste ni dans ses plates-bandes », dit celle qui livre à la porte avec un vase agencé qu’elle récupère la semaine suivante, ou dépose des commandes à son point de chute de la microbrasserie 11 Comtés. L’an prochain, elle aimerait viser la centaine d’abonnés.

« Pour la santé de notre planète »

Ses clients sont en grande partie des professionnels, comme des bureaux de notaire, des courtiers immobiliers ou des cliniques dentaires qui cherchent à ajouter une touche de luxe à leur décor. Elle fournit aussi quelques fleuristes de la région.

« Les fleuristes sont de plus en plus ouverts aux fleurs locales, mais je dirais qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. C’est certain que c’est de l’adaptation aussi, ce sont des fleurs avec lesquelles ils ne sont pas habitués de travailler. »

Et pourtant, souligne-t-elle, toutes les raisons sont bonnes pour encourager une telle entreprise d’ici. D’autant plus que la sienne est l’une des rares qui offrent des fleurs coupées certifiées biologiques.

« Le biologique, ce n’est pas juste pour notre santé, c’est aussi pour la santé de notre planète, de nos sols et des bons insectes. J’ai des enfants, et je ne voudrais pas que mon garçon qui vient cueillir avec moi joue dans des fleurs pleines de pesticides. Parce qu’on ne se le cachera pas, les fleurs importées sont pleines de pesticides, sinon, elles ne pourraient pas être aussi parfaites. »

Là est en fait toute l’essence du mouvement « Slow Flower », qui encourage aussi à réduire le transport.

Encore plus créative

Mme Turcotte-Côté a agrandi ses rangs de fleurs peu à peu depuis 2016, pour finalement mettre la main sur une serre cette année. Comme l’horticultrice est plutôt limitée dans sa lutte aux insectes et au climat, cette nouvelle installation devrait lui permettre de déclasser beaucoup moins de fleurs, et de tenter de nouvelles variétés. Son excitation est déjà palpable.

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune