Baillargeon peu impressionné par Québec

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« Ça fait trois élections qu’on nous parle d’Internet haute vitesse et ça n’a jamais avancé », déplore le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy. L’objectif de Québec, qui veut brancher l’ensemble de la région et la province d’ici septembre 2022, est irréaliste à ses yeux.

Vendredi dernier, la ministre fédérale du Revenu, Diane Lebouthiller, et la ministre québécoise des Affaires municipales, Andrée Laforest, ont annoncé un investissement conjoint des deux paliers gouvernementaux de 2,5 M$ pour desservir 1 944 foyers au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

C’est le secteur du Saguenay qui a la plus grosse part du gâteau, avec les municipalités de L’Anse-Saint-Jean, de Sainte-Rose-Du-Nord et Saint-Ambroise qui sont concernés par l’annonce. Au Lac-Saint-Jean, seule Saint-Félicien est concernée. Plus précisément, 93 foyers dans le secteur du Bôme de Saint-Méthode.

« Si on regarde ce qu’ils ont annoncé, le haut du lac n’est pratiquement pas concerné. Maria-Chapdelaine, il n’y a pratiquement rien. Saint-Félicien, on parle de quelques foyers dans le secteur du Bôme de Saint-Méthode, mais on n’a pas le nombre exact », signale-t-il.

Québec garde la cap

Questionné sur l’échéancier, l’adjoint parlementaire du premier ministre du Québec pour le dossier d’Internet haute vitesse, Gilles Bélanger, a insisté pour rappeler que son gouvernement avait la ferme intention de couvrir l’ensemble du Québec d’ici 2022.

« On n’espère pas pouvoir le faire d’ici 2022, mais bien, on va le faire d’ici 2022 », a-t-il assuré.

Yannick Baillargeon émet toutefois de sérieux doutes sur le réalisme d’un tel chantier.

« Aujourd’hui, ils annoncent pouvoir desservir 1 944 foyers, mais ils en ont 170 000 à brancher à Internet d’ici septembre 2022. Comment vont-ils faire? », se questionne-t-il.

Si certains secteurs n’ont pas encore Internet, d’autres n’ont pas encore de ligne téléphonique filaire fiable.

« Certains secteurs de La Doré peuvent passer deux jours sans téléphone filaire opérationnel. On a un restaurant dans ce secteur, il n’est même pas capable de prendre des réservations. Et le réseau cellulaire ne s’y rend pas », ajoute le préfet.

Technologie dépassée

Il estime également que le gouvernement a du mal à rattraper la technologie, en raison de la vitesse offerte dans les secteurs ruraux.

« La technologie évolue tellement rapidement qu’ils ont de la misère à la rattraper. Ils parlent de 50-10 mégaoctets, mais cette vitesse-là ne sera probablement pas assez élevée l’an prochain avec toutes les formes de télétravail. De plus en plus de gens écoutent la télé via Internet, les services se font de plus en plus sur Internet », conclut le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy.

Julien B. Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Lac St-Jean