Boulevard Pierre-Laporte: des bandes rugueuses pour protéger les cyclistes

·3 min read

TRANSPORTS. Québec lance un projet pilote visant à améliorer la sécurité des cyclistes en implantant des bandes rugueuses sur les accotements des pistes cyclables. Une portion du boulevard Pierre-Laporte sert d’ailleurs de banc d’essai pour cette expérience menée par le ministère des Transports.

L’annonce en a été faite par le ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel. Les premières bandes ont été installées à Granby, la semaine dernière. Le premier aménagement, d’une longueur d’environ 4,5 km, a été fait sur le boulevard Pierre-Laporte, entre les rues Mountain et Robitaille, à Granby, dans les deux directions. D’autres bandes rugueuses seront aussi déployées en 2021, sur la route 170 dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et sur la route 132 dans Chaudière-Appalaches. Les bandes rugueuses sur les accotements permettent d’alerter les conducteurs somnolents ou distraits du fait qu’ils ont quitté leur voie.

Le gouvernement compte mettre à l’essai différents types de bandes rugueuses aux abords des pistes cyclables. Québec tiendra compte de la sécurité et de la convivialité de ces aménagements pour les cyclistes, mais aussi des nuisances sonores dont pourraient souffrir les populations riveraines. Certaines bandes sont creusées à même le bitume par un procédé de fraisage. D’autres sont aussi marquées à l’époxy pour une meilleure visibilité l’hiver et par mauvais temps. On en aperçoit de plus en plus placées au centre de deux voies en sens contraire. Leur largeur maximale atteint normalement les 400 mm.

«Je suis très heureux de lancer ce projet pilote, car il marque une nouvelle avancée en faveur du transport actif et de la sécurité des cyclistes, autant en zone urbaine qu’en milieu rural. Les bandes rugueuses ont fait leurs preuves au cours des dernières années en matière de sécurité routière. Elles sont donc tout indiquées pour sécuriser les voies cyclables et les adeptes du vélo», indique le ministre Bonnardel.

Avis partagés

L’idée ne plaît pas du tout à Suzanne Lareau, présidente de Vélo Québec. «Ce n’est pas la panacée. Si c’est adapté à la voiture, ce n’est pas très adapté au vélo. On a régulièrement à sortir et à rentrer dans l’accotement » pour éviter des débris, le mauvais état de la chaussée, ou pour dépasser d’autres cyclistes», explique Mme Lareau. «Je ne pense pas que c’est la meilleure façon de favoriser la sécurité des cyclistes. Il faut plutôt travailler sur la largeur des accotements. Il y a trop d’inconvénients qui viennent s’ajouter pour les cyclistes.»

Suzanne Lareau reconnaît qu’il y aura des ouvertures à chaque 12 m des bandes rugueuses installées par Québec. Elles seront aussi absentes de sections de descente. «On a des réserves. Ça va accélérer la dégradation de l’accotement et rendre son nettoyage plus difficile. En voulant solutionner un problème, on en crée un autre», ajoute la présidente de Vélo Québec.

Sylvain Wilcott, propriétaire de Vélo Monde de Granby, ne s’en inquiète pas, bien au contraire. «Si t’entends quelqu’un qui frappe la bande, ça peut te donner une chance de te sauver la vie. À la base, je pense que ça peut être une très bonne idée.» Et pour le cycliste qui doit les traverser, «ce n’est pas pire que de traverser un chemin de fer. Je ne pense pas que ça va te faire tomber», soutient M. Wilcott qui avoue ne pas en avoir encore fait l’essai.

Stéphane Labrecque, propriétaire de Vélobrek, estime qu’une bande rugueuse empiète dans l’espace réservé à la voie cyclable. «C’est une bonne idée pour les automobilistes. De devoir la traverser est un moindre mal, dit-il.

Le gouvernement compte mettre à l’essai différents types de bandes rugueuses aux abords des pistes cyclables. Québec tiendra compte de la sécurité et de la convivialité de ces aménagements pour les cyclistes, mais aussi des nuisances sonores dont pourraient souffrir les populations riveraines. Il n’exclut pas d’en installer d’autres si le projet pilote se révèle concluant.

None

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud