École des entrepreneurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean: une première programmation à l'automne

·5 min read

Après avoir été mis sur pause en raison de la crise sanitaire, le projet de campus de l’École des entrepreneurs du Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean prend forme et une première programmation régionale devrait être proposée cet automne.

Le directeur du nouveau campus régional de formation entrepreneuriale devrait être nommé dans les prochaines semaines, si tout se déroule tel qu’espéré, après l’appel de candidatures lancé au début de l’année.

Le projet reprend ainsi son erre d’aller presque un an jour pour jour, alors que l’équipe de l’École des entrepreneurs du Québec se trouvait le 12 mars 2020 au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour travailler à la mise sur pied du campus régional.

La région venait alors, à la fin janvier, d’être sélectionnée pour recevoir l’un des quatre nouveaux campus régionaux de l’organisme à but non lucratif qui offre des formations et ateliers dédiés aux entrepreneurs de petites entreprises.

Le directeur général de l’organisation, Michel Fortin, se souvient bien du chemin du retour, après la rencontre tenue dans la région, peu après que la crise sanitaire ait éclaté. « On était de retour dans le parc des Laurentides, et c’est là que le gouvernement nous a appelés pour mettre tout sur le hold, d’une certaine façon », partage en entrevue le directeur, qui est d’ailleurs originaire d’Alma.

À partir de ce moment, les priorités de la Corporation d’innovation et développement Alma–Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL), qui a piloté le dossier de candidature régional, ont aussi changé. Le développement de projets a été mis de côté pour se consacrer à l’aide d’urgence aux entreprises.

Formation adaptée aux besoins régionaux Une fois le pire de la tempête passé, les démarches ont pu reprendre avec le comité aviseur du projet, qui est composé de différents partenaires économiques et du milieu institutionnel. Ce comité, qui avait été mis sur pied par la CIDAL, travaillera de pair avec le directeur du campus régional.

Lorsqu’il sera en poste, le directeur régional pourra jeter les bases du nouveau campus en rencontrant virtuellement les partenaires du milieu. Les besoins de formation seront aussi identifiés afin de bâtir la première programmation adaptée aux besoins régionaux, qui devrait être prête pour l’automne.

« L’offre de formation de l’École des entrepreneurs du Québec vient bonifier l’offre de formation actuelle et, avec le comité aviseur, on identifie des besoins que, peut-être au niveau de la formation, on pourrait creuser ou peaufiner », explique pour sa part le directeur général de la CIDAL, Martin Belzile, qui a été récemment nommé, après avoir assuré l’intérim à la tête de la corporation de développement économique de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

Quelque 400 ateliers L’École des entrepreneurs du Québec dispose actuellement de quelque 400 ateliers de formation qui peuvent être adaptés selon les besoins. « C’est d’adapter la formation, souvent selon l’industrie et selon les secteurs d’activité qui sont sur le territoire », expose Michel Fortin.

Les formations peuvent également être adaptées pour répondre à des besoins de démarrage ou de croissance. Des thématiques spécifiques visant à outiller les entrepreneurs, abordant par exemple la gestion des liquidités, des ressources humaines ou encore l’innovation, peuvent également être ajustées aux réalités régionales.

Ces formations s’adressent à des entrepreneurs de petites entreprises de 10 employés et moins. Des parcours personnalisés qui permettent de suivre les entrepreneurs pendant quelques mois sont aussi offerts par l’organisation.

Campus régional basé à Alma Les activités du campus régional seront offertes en ligne dans un premier temps. Une nouvelle plateforme dédiée aux besoins de l’école est d’ailleurs en développement.

Si la situation le permet, des formations en présentiel seront aussi proposées. L’emplacement des bureaux du campus régional n’est pas encore déterminé. Ils pourraient être implantés dans La SUITE entrepreneuriale Desjardins, l’incubateur de la CIDAL situé au centre-ville d’Alma, ou à proximité.

« On prévoit aussi rendre des services à l’extérieur et couvrir l’ensemble du territoire régional », précise Martin Belzile. Deux ou trois ressources pourraient aussi s’ajouter à l’équipe régionale.

Chaque campus de l’École des entrepreneurs du Québec dispose d’un budget de quelque 400 000 $, financé à environ 60 % par Québec dans le cadre d’une entente renouvelable au 31 mars 2022.

+

UN « PROGRAMME D'AIDE AUX ENTREPRENEURS » POUR FAIRE FACE À LA DÉTRESSE

L’École des entrepreneurs du Québec compte développer son propre « PAE », lequel s’inspire du sigle bien connu associé aux programmes d’aide aux employés. L’organisation proposera plutôt un « Programme d’aide aux entrepreneurs », alors que plusieurs vivent de la détresse psychologique dans la crise actuelle.

Ce programme sera développé parmi l’un des huit campus que compte l’École des entrepreneurs du Québec à travers la province. Il sera ensuite rendu accessible dans tous les territoires, explique Michel Fortin, directeur général de l’organisme.

L’organisation constate des « besoins criants sur le terrain » pour soutenir les entrepreneurs à traverser la crise, non seulement sur le plan des affaires, mais également sur le plan psychologique.

Le directeur général invite les entrepreneurs à contacter l’organisme pour obtenir de l’aide. « Il ne faut pas avoir peur, car ils ne sont pas les seuls à vivre la crise actuelle. Donc, de venir en parler ou en discuter, ça fait toujours du bien », souligne-t-il.

L’École des entrepreneurs du Québec a d’ailleurs adapté son offre de formations aux impacts de la crise et aux enjeux de détresse psychologique.

Un parcours sur la relance ou encore de la formation sur le cybercommerce font aussi partie des adaptations proposées. « C’est toute une offre qui s’est adaptée par le besoin exprimé par les régions », précise Michel Fortin.

La crise a également amené plusieurs entrepreneurs à aller chercher de la formation supplémentaire et à s’outiller davantage, constate pour sa part Martin Belzile, directeur général de la CIDAL.

« Je pense que ç’a aussi éveillé une certaine conscience au sujet de l’importance d’être en mesure d’avoir des compétences, pour avoir une meilleure prise de décisions et s’adapter afin d’avoir une meilleure agilité en affaires », souligne-t-il.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien