Couvre-feu: la Gaspésie suivra les règles par «solidarité»

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Même si sa situation est «sous contrôle», la Gaspésie devra se soumettre aux règles annoncées mercredi par le premier ministre «par solidarité», justifie la santé publique régionale. «Nous, ça va bien, mais on fait partie d'un ensemble qui va mal», explique le Dr Yv Bonnier-Viger.

Alors qu’elle ne compte que 85 cas actifs, la Gaspésie devra respecter les mesures et le couvre-feu annoncés mercredi, «par solidarité». En conférence de presse, le directeur de la santé publique régionale a noté que la situation gaspésienne était «favorable», mais que le gouvernement provincial avait dû agir dans une approche mur-à-mur.

«Les mesures annoncées répondent à un besoin de contrôler la situation et ramener la situation à un niveau suffisant pour sauver le système de santé. Dans notre région, la situation est favorable, mais le gouvernement se devait de prendre des mesures à l’échelle de la province», explique le Dr Bonnier-Viger, un épidémiologiste de formation.

Le docteur a avoué avoir été surpris lorsqu’on lui a annoncé les mesures, lundi, mais ajoute avoir rapidement compris l’approche de Québec. «On vit localement en Gaspésie, mais aussi globalement. Quand on a commencé à nous consulter, j’ai été un peu surpris, mais en même temps, je me suis rapidement replacé dans une perspective nationale, et je me suis retrouvé d’accord avec ce qui a été décidé», note celui qui ne se gêne généralement pas pour remettre en question certaines décisions gouvernementales.

Si on se fiait uniquement au nombre de cas actifs, soit 85, la région «serait probablement en jaune», note-t-il, avant d’ajouter «qu’il y a énormément d’autres facteurs à prendre en compte».

La vaccination va de bon train

Bonne nouvelle après des mois d’attente, la vaccination est bien enclenchée dans la péninsule gaspésienne. Le CISSS de la Gaspésie croit pouvoir vacciner l’ensemble des résidents des CHSLD de la région d’ici la fin du mois de janvier. Pour l'instant, la vaccination a commencé aux CHSLD de New Carlisle et de Cap-Chat, et se déplacera bientôt à la villa Pabos, dans la MRC du Rocher-Percé. Les Îles-de-la-Madeleine ont aussi reçu leurs premières doses.

Le Dr Bonnier-Viger note que les doses de vaccins arrivent au compte goute, retardant les efforts de vaccination. «Les vaccins arrivent lentement. On a une capacité de vaccination plus grande que ce qu’on reçoit. La vraie limite, c’est le nombre de vaccins. On s'attend à avoir un bon rythme en mars, et on croit pouvoir vacciner la majorité de la population pour la fin de l’été, si les doses sont au rendez-vous», conclut-il.

Simon Carmichael, Initiative de journalisme local, Le Soleil