COVID-19: campagne de scientifiques sur les réseaux sociaux contre la désinformation

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EDMONTON — Non, le fondateur de Microsoft, Bill Gates, n'a pas créé le virus qui cause la COVID-19, pas plus qu'il ne souhaite implanter à notre insu des micropuces dans notre organisme par le biais des vaccins.

Voilà des exemples de désinformation et de mésinformation qu'un groupe de scientifiques et de professionnels de la santé canadiens tente de déboulonner dans une nouvelle campagne sur Twitter qui vise les théories inexactes sur la pandémie. Une quarantaine de «décrypteurs» utilisent les mots-clics #LaScienceDabord pour fournir des preuves scientifiques sur les médias sociaux, là où sévit surtout la désinformation.

«On a vu de la désinformation sur toutes sortes de façons de traiter la COVID-19, avec des traitements complètement fous comme l'urine de vache et l'eau de Javel», a déclaré le professeur Timothy Caulfield, fer de lance du mouvement et titulaire de la chaire de recherche canadienne en droit et politique de la santé à l'Université de l'Alberta.

«Alors que nous sommes en train d'essayer de déployer le vaccin, nous savons que la désinformation a un impact négatif sur la vaccination», dit-il en entrevue téléphonique. «Des choses comme: "le vaccin va modifier votre ADN". Non, ce ne sera pas le cas! Ou "le vaccin est associé à l'infertilité". Non, ce n'est pas le cas!

«On voit une quantité tellement incroyable de désinformation sur la COVID. J'étudie la désinformation depuis des décennies et je n'ai jamais rien vu de tel.»

«Il faut bien le faire»

M. Caulfield est connu pour avoir dénoncé dans un livre la «marque de bien-être» de l'actrice Gwyneth Paltrow ainsi que pour une série documentaire sur Netflix dans laquelle il déboulonnait, tel un «Pharmachien», certaines thérapies, diètes et autres méthodes douteuses de prendre soin de soi.

L'initiative de décryptage #LaScienceDabord a été lancée en collaboration avec l'Association canadienne des centres de sciences, COVID-19 Ressources Canada et l'Institut du droit de la santé de l'Université de l'Alberta.

«Les recherches nous indiquent que la démystification fonctionne si elle est bien faite, alors on essaie de bien la faire. Nous essayons d'écouter, d'être empathiques dans notre approche, d'être créatifs dans nos messages, en espérant faire une différence, si petite soit-elle.»

Un porte-parole de #LaScienceDabord affirme qu'on vise éventuellement à impliquer dans la campagne des athlètes et des célébrités afin de faire connaître la lutte contre la désinformation.

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Cet article a été produit avec l'aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Fakiha Baig, La Presse Canadienne