COVID-19 et français: malgré des « lacunes », Mulroney assure qu’elle travaille très fort

Émilie Pelletier, journaliste, Initiative de journalisme local
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Émilie Pelletier

epelletier@ledroit.com

Initiative de journalisme local

Queen’s Park

TORONTO — Chaque fois que les médias francophones de la galerie de presse de Queen’s Park affirment n’avoir reçu qu’en anglais les informations importantes liées à la COVID-19, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney en discute avec le ou la ministre en question, a-t-elle assuré au Droit lors d’une entrevue téléphonique accordée cette semaine.

La ministre des Affaires francophones l’admet elle-même : le gouvernement Ford continue de vivre des lacunes dans la diffusion des documents et des informations liés à la pandémie en français.

Lorsqu’un ministère tient un « briefing technique », il envoie la plupart du temps un document aux journalistes contenant des informations essentielles à la compréhension.

Or, il arrive souvent que ces documents ne soient envoyés qu’en anglais, ou que les médias francophones doivent faire la demande pour recevoir la version française.

Par exemple, lorsque le gouvernement a dévoilé, après plusieurs semaines d’attente, son plan de préparation à la deuxième vague de la COVID-19, les francophones de l’Ontario n’ont reçu le document que 24 heures après les anglophones.

Parfois, rarement, il arrive même que les documents ne sont tout simplement jamais envoyés en français. « On a du travail à faire dans ce domaine-là », a accordé la ministre Mulroney.

Mais cette dernière assure que les francophones n’ont pas été oubliés ou relégués au second plan dans le contexte de la pandémie. « J’ai travaillé très fort pour m’assurer qu’on ait la traduction simultanée, ce qui représentait une première dans notre histoire. Ça a été très bien reçu par l’AFO (Assemblée de la francophonie de l’Ontario). »

Elle ajoute aussi que son gouvernement et son ministère travaillent « très fort pour répondre à la crise sanitaire et aussi pour répondre aux questions des journalistes ».

Le gouvernement Ford s’est-il penché sur la question de l’absence d’intervenants francophones au sein de l’équipe de santé publique de la province ?

Mme Mulroney n’a pas de réponse directe à cette question, mais elle souligne néanmoins avoir des conversations régulières avec les ministres de la Santé Christine Elliott et des Soins de longue durée Merrilee Fullerton « sur les besoins des francophones ».

Même si la ministre des Affaires francophones juge qu’il est « un peu trop tôt » pour dire si oui ou non, la pandémie est plus difficile pour les francophones de la province, elle souligne l’impact important qu’elle a eu sur la communauté. « L’AFO mesure l’impact sur la communauté francophone, je suis en contacts réguliers avec l’AFO, et sur les études qu’elle fait, mais je n’ai pas pu comparer avec les autres communautés. Je ne peux pas vous dire si l’impact a été plus grand sur les francophones, mais je sais que c’est significatif. »

Émilie Pelletier, journaliste, Initiative de journalisme local, Le Droit