COVID-19: la CNESST cible certains secteurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean

L’importance de la propagation de la COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean amène la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) à cibler certains secteurs dans ses interventions.

Depuis la semaine dernière, l’organisation oriente les interventions de ses inspecteurs vers les commerces de détail, les parcs industriels et les chantiers de construction comprenant des roulottes. Les visites dans les commerces prévoient des interventions conjointes entre la CNESST et la Santé publique.

Le passage du Saguenay-Lac-Saint-Jean en zone rouge le 2 novembre et les informations transmises par la Santé publique régionale ont amené la CNESST à se concentrer vers ces secteurs plus « sensibles », explique David Blouin, responsable régional des communications pour la CNESST. « Les priorités d’intervention, les secteurs qui sont ciblés, ça va avec le contexte et les éléments qui nous sont rapportés par la Santé publique », a-t-il indiqué.

Les inspecteurs, dont le nombre demeure le même, effectueront une tournée régionale des trois secteurs visés. « Les interventions visent à assurer la santé et la sécurité des travailleurs et à s’assurer que les mesures qui sont mises en place vont permettre de réduire le risque de contamination de la COVID-19 », a précisé M. Blouin.

Plusieurs ont pointé du doigt dernièrement l’achalandage important et le relâchement de mesures dans certaines grandes surfaces et quincailleries pour expliquer, parmi d’autres facteurs, la montée du nombre de cas de COVID-19 dans la région.

L’application des mesures de distanciation sociale et le respect des mesures sanitaires font partie des éléments observés par les inspecteurs. Les employeurs ont la responsabilité de s’assurer que les mesures sont respectées pour assurer la sécurité de leurs employés. « Le client devient un peu un facteur de risque pour le travailleur », a souligné M. Blouin, au sujet de ce genre de situation.

Différentes recommandations, dont certaines concernant l’achalandage, peuvent ensuite être formulées par les inspecteurs selon chaque cas. Un suivi des recommandations est ensuite effectué par la CNESST.

936 interventions depuis le début de la crise Depuis le début de la crise, du 13 mars au 9 novembre, la CNESST a mené 936 interventions liées à la COVID-19 dans des milieux de travail de la région.

Parmi celles-ci, 164 interventions ont eu lieu à la suite de plaintes, dont un travailleur qui a exercé son droit de refus, alors qu’il considérait que le travail à exécuter représentait un danger. Un seul constat d’infraction a été remis.

Pour la même période, dans la province, 13 500 interventions ont été menées et 30 constats d’infraction ont été donnés. Depuis le début de la crise sanitaire, de façon générale, les secteurs de la santé, de la construction, de l’éducation, du commerce de détail et de la fabrication sont ciblés à travers la province.

Les priorités d’intervention sont établies selon le contexte de chaque région, le niveau d’alerte, l’évolution de la situation et les informations transmises par chaque direction régionale de santé publique.

Les éclosions en entreprises et dans les milieux de travail représentaient près de la moitié des éclosions au Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon les données de la Santé publique régionale mise à jour jeudi. Elles représentaient 48 éclosions sur les 94 dénombrées dans la région.

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275 INTERVENTIONS POUR LA BRIGADE DE PROMOTION SAGUENAY

La brigade en santé et sécurité lancée en mai par Promotion Saguenay a effectué un total de 275 interventions à Saguenay et dans d’autres municipalités de la région.

L’initiative lancée visait à accompagner et à sensibiliser les commerces de détail dans l’application des mesures sanitaires.

À la demande de certaines entreprises, comme Nutrinor, des interventions ont également été réalisées dans des stations-service et dépanneurs situés à l’extérieur de Saguenay, a indiqué Sonia Tremblay, directrice des communications pour la société de développement économique.

La brigade, composée d’étudiants en environnement, hygiène et sécurité au travail du Cégep de Jonquière, a mis fin à ses activités à la fin de l’été, lors de la reprise des classes. La demande était également moins importante à ce moment du côté des entreprises.

« Depuis l’automne, il n’y avait plus vraiment de demandes, car la brigade s’est fait davantage connaître pour mettre en place des bonnes pratiques, des bonnes mesures sanitaires lors de la réouverture des commerces », a indiqué Mme Tremblay.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien