Cowansville abolit les frais de retard de sa bibliothèque

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La bibliothèque municipale Gabrielle-Giroux-Bertrand à Cowansville est la première de la grande région de Granby et de Brome-Missisquoi à rejoindre le mouvement mondial «Fine free library» en abolissant la totalité des frais de retard pour ses usagers.

Le mouvement a vu le jour aux États-Unis et s’est propagé un peu partout dans le monde. Il est arrivé au Québec en 2019 où 201 bibliothèques ont maintenant aboli les frais de retard et 18 autres ont partiellement mis fin à ces coûts en ciblant, par exemple, une catégorie d’usagers.

Le mouvement intéresse depuis longtemps la bibliothécaire de Cowansville, Aude McDermott. «Je trouvais que c’était une super idée et que ça permet de démocratiser l’accès aux bibliothèques. Pour les personnes défavorisées, les frais de retard constituent un frein à la location de livres.»

Le directeur de la culture et des loisirs de Cowansville, Philippe St-Denis, a proposé au conseil municipal de rejoindre le mouvement, lui aussi convaincu des bienfaits que peut provoquer l’abolition de ces frais, qui varient de 5000 $ à 7000 $ par année pour un peu plus de 5340 usagers.

«Au départ, les frais de retard ont été adoptés pour faire en sorte que les gens rapportent leurs livres à temps, poursuit Mme McDermott. Sauf que ça ne marche pas. Les gens en retard sont toujours en retard. Les autres bibliothèques qui ont joint le mouvement ont remarqué que ça n’avait pas eu d’incidence sur le nombre de retards. Et même qu’il y a plus de livres en circulation. Les gens ont moins peur d’avoir des livres en retard et d’avoir des frais à payer.»

Elle souhaite que d’autres bibliothèques y voient les bienfaits et suivent le mouvement.

Cette nouvelle mesure est entrée en vigueur le premier janvier dernier à la suite de l’adoption du règlement sur la tarification pour le financement de certains biens, services ou activités pour l’année 2021.

Une barrière à la culture

« La bibliothèque est au service des citoyens et rendre celle-ci encore plus accessible est essentiel, souligne par voie de communiqué Sylvie Beauregard, mairesse de Cowansville. Il pouvait arriver, en raison des frais de retard, que certains usagers ne viennent plus à la bibliothèque. Évidemment, ce n’est pas le but. Nous voulons que les gens découvrent et explorent les nombreux ouvrages et développent de l’intérêt pour la culture et la littérature ».

L’Association des bibliothèques publiques du Québec appuie «Fine free library». «Les frais de retard peuvent constituer une barrière économique qui entrave l’accès aux ressources et aux services des bibliothèques pour les personnes financièrement défavorisées au sein de nos communautés, en particulier les mineurs, peut-on lire sur le site web de l’ABPQ.

Ils peuvent également créer des éléments de conflit entre le personnel et les citoyens, nuisant ainsi aux relations interpersonnelles que les bibliothèques désirent créer avec la communauté. De plus, les ressources humaines et financières nécessaires à la gestion des comptes impayés peuvent devenir plus importantes que les frais de retard eux-mêmes.»

L’ABPQ propose une carte où il est possible de voir où sont situées les bibliothèques participantes.

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est