Crise du logement: une stratégie mal adaptée aux réalités locales selon la députée Andréanne Larouche

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local
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HABITATION. À l’issue d’une rencontre avec des organismes intéressés par la question, les députés de Shefford et de Longueuil–Saint-Hubert, Andréanne Larocueh et Denis Trudel, ont constaté que la pandémie de COVID-19 n’avait fait qu’exacerber la crise du logement.

La députée Larouche est fidèle à sa dernière campagne. Elle s’était engagée à faire de la crise du logement une priorité, notamment en ce qui concerne les femmes et les aînés au cœur de son action politique.

«Entre les CHSLD et les résidences de luxe, il y a des aînés qui sont entre les deux et qui n’ont toujours pas de logements assez abordables, ils doivent faire des choix difficiles surtout avec la crise», a plaidé la députée.

Les deux députés ont observé que les seuils de la mesure du panier de consommation à 21 000 $ laissaient encore certains aînés dans une situation de précarité du fait des prix des loyers de plus en plus élevés dans certaines régions.

La rencontre avec une dizaine d’organismes répond aux sollicitations de certains parmi eux à l’instar de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de Montérégie-Est. Elle avait saisi la députée en juillet dernier sur l’épineuse question des logements communautaires.

Avec la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie, l’élue de Shefford attend le lancement d’un projet pilote pour une coopérative d’aînés. Elle en a un autre avec la CDC Haut-Richelieu Rouville en faveur des personnes en situation d’itinérance.

Mal financée

Porte-parole du Bloc québécois en matière de solidarité sociale, Denis Trudel craint que les fonds issus de l’entente que le fédéral a récemment conclue avec la province sur le logement social soient insuffisants pour combler les besoins adaptés aux spécificités locales.

«Le problème majeur de l’entente… c’est que le nombre de logements prévus sur dix ans équivaut à ce qu’on devrait faire en une seule année. De plus, certains logements sont mal ciblés. C’est d’ailleurs le cas à Valcourt où le maire nous apprenait qu’il y a trop de logements sociaux alors que, dans les villes voisines, on en observe un manque criant», plaide M. Trudel, dénonçant des stratégies à la fois mal adaptées pour les régions et mal financées.

En effet, l’entente prévoit un investissement conjoint de 3,7 milliards de dollars sur dix ans, soit un parc immobilier pouvant aller jusqu’à 4000 logements au Québec. Selon le bloquiste, la question du logement ne se limite pas à son accès.

«Avec quelqu’un qui est dans la rue depuis des années, si tu ne lui montres pas comment payer ses factures, il va y retourner», a-t-il illustré. C’est tout le sens de l’approche Stabilité résidentielle avec accompagnement (SRA) adoptée à l’Office municipal d’habitation de la Haute-Yamaska-Rouville selon Mme Larouche. Elle a évoqué avec cet organisme le projet de construction de 90 logements sociaux à Granby, entre autres, comme solutions sur la table.

« Ce qu’on veut, c’est d’avoir les deux mains sur le volant pour répondre aux spécificités régionales», soutient Denis Trudel, saluant l’option qu’Ottawa a prise de permettre à la province d’avoir des coudées franches dans la mise en œuvre des solutions à la crise du logement.

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français