Cultivées: des vêtements modernes et écoresponsables faits à Saguenay

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La carrière de Catherine Morin, designer, a connu un nouveau souffle lorsque la jeune femme de 31 ans est revenue dans sa région natale, il y a deux ans. Sa plus récente ligne de vêtements, Cultivées, met en valeur l’artisanat et les types d’art traditionnel comme la courtepointe et le métier à tisser, dans des morceaux modernes et écoresponsables faits à Saguenay.

Catherine Morin est originaire de Chicoutimi. Afin de réaliser son rêve d’étudier le design de mode, la jeune femme a quitté tôt sa région natale pour aller étudier au Collège LaSalle de Montréal. Elle est restée dans la métropole une dizaine d’années, en cumulant les expériences dans une foule d’entreprises et auprès de nombreux designers de mode.

Au début de son parcours, elle s’intéressait d’abord à la création de costumes de scène. C’est son expérience de deux étés avec La Fabuleuse histoire d’un Royaume qui l’avait menée vers ce choix. Son intérêt a lentement dévié vers la mode et le design québécois, quelque chose qu’elle ne pensait pas aimer au départ, mais qui rejoignait beaucoup ses valeurs. Elle a même, pendant ses années dans la grande ville, tenu sa première ligne de vêtements pendant environ deux ans.

L’appel de la région se faisait toutefois sentir pour Catherine, qui a décidé de compléter un certificat en gestion d’entreprise à l’école des HEC de Montréal, avant de faire ses valises.

Un vent de fraîcheur Toujours passionnée par la mode et la création de vêtements, de retour en région, elle s’est rapidement rapprochée de divers organismes artistiques, dont le Cercle des fermières. En s’intéressant aux techniques ancestrales, comme le métier à tisser, la courtepointe et la couture en général, la jeune femme de Chicoutimi a vu une opportunité de les mettre en valeur et de moderniser ces savoir-faire dans une nouvelle de ligne de vêtements au goût du jour.

« Pour la première fois depuis longtemps, je trouvais que j’avais de l’espace pour créer. En restant ici, je pouvais faire un produit qui est commercialisable, mais qui est aussi axé sur l’artisanat et les métiers d’art », affirme la créatrice.

En plus, elle savait que Saguenay était reconnu pour soutenir les artisans. Différents organismes et organisations encouragent les artistes avec des subventions, ce qui l’a encouragé à lancer Cultivées.

Cultivées, des vêtements de qualité Son objectif avec Cultivées est de faire une gamme de vêtements qui met en valeur l’artisanat traditionnel dans des vêtements de qualité. « L’idée, c’est de faire moins de quantité, mais faire des produits qui sont un peu plus haut de gamme », continue-t-elle. Elle utilise seulement des fibres naturelles qui ont pour la plupart des certifications écoresponsables.

Dépendamment des tâches qu’elle a à faire, la créatrice peut réaliser elle-même les morceaux ou encore faire appel à des sous-traitantes locales, pour ce qui touche le métier à tisser ou encore pour certaines tâches de couture.

L’entrepreneure, qui porte plusieurs chapeaux pour son entreprise, est donc bien contente lorsqu’elle peut déléguer quelques tâches. En plus, cela crée de l’emploi pour des femmes dans la région, ce qui rend Catherine, qui a beaucoup de valeurs féministes, bien fière. Elle est d’ailleurs également très ouverte aux collaborations avec d’autres entrepreneurs de la région.

Elle est consciente que ces attentions font augmenter le prix du vêtement, avec entre autres des tissus plus chers, des couturières d’ici bien payées, ou encore le choix de faire une plus petite production. Pour elle, ses vêtements sont des produits coups de coeur qui ne se comparent pas avec les vêtements faits outre-mer.

« Ce que je trouve beau avec la mode locale, c’est que, justement, le prix qu’on paie de plus, il va payer adéquatement le ou la Québécois(e) qui va le coudre, selon le prix juste qui lui revient », continue-t-elle.

Un achat responsable Avec ses créations, la designer veut faire réfléchir les clients sur les conséquences de leur achat. « J’essaie de former, avec ma clientèle, des activistes de consommation responsable. Je veux leur expliquer toutes les retombées des choix qu’ils font dans leur quotidien en tant que consommateurs, avec entre autres leurs vêtements, au niveau environnemental, économique ou social. Je veux aussi les sensibiliser sur les techniques artisanales traditionnelles », fait valoir la femme de 31 ans.

Elle est déçue que la pandémie empêche la tenue des salons qui lui permettaient de partager sa démarche de création avec les clients, ce qui était très important pour elle et pour les autres designers québécois. Pour y remédier, tous les vendredis après-midi jusqu’à Noël, elle ouvrira les portes de son atelier, qu’elle partage avec la fondatrice de la marque Nope, afin de pouvoir accueillir et rencontrer les clients.

Les intéressés peuvent aussi se rendre directement sur son site Internet, sa page Facebook et Instagram pour voir ses vêtements. Certains morceaux sont aussi en vente chez Twist.

Myriam Arsenault, Initiative de journalisme local, Le Quotidien