Décès de Jules Bélanger : La Gaspésie rend hommage à «un géant»

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La mort de l’auteur et professeur gaspésien Jules Bélanger fait réagir dans sa région bien-aimée. Anciens collègues, institutions et politiciens lui rendent hommage, se rappelant d’un homme bon qui avait la Gaspésie tatouée sur le cœur.

«Monsieur Bélanger a su marquer plusieurs générations par sa prestance, sa vision, sa détermination et sa soif de voir cette contrée de mers et de montagnes prendre l’envergure qui lui revient», écrit le maire en Gaspé, Daniel Côté, dans un message rendant hommage à cet homme «plus grand que nature».

Décédé dans la nuit du 4 au 5 février 2021 à l’âge de 92 ans, M. Bélanger aura marqué sa région, peu importe le chapeau qu’il portait. «Professeur, abbé, historien, philosophe, fondateur, auteur, visionnaire et même politicien [...] s’il s’est éteint, l’ensemble de son œuvre lui survivra et continuera de guider nos réflexions et nos actions», ajoute le maire, qui se rappelle de la gentillesse et des «conseils de vieux sage» de l’homme. «Vous nous quittez en laissant une trace indélébile dans nos communautés», conclut-il.

Amoureux de l’histoire, M. Bélanger a chapeauté la création du Musée de la Gaspésie en 1974, où la salle du Centre d’archives porte aujourd’hui son nom. «Il constituait la mémoire vivante de l’organisme», note l’établissement dans un communiqué. «Jules a toujours eu le Musée dans son cœur. Jusqu’à son dernier souffle. Heureusement pour nous tous, son héritage demeurera bien vivant pour de nombreuses générations de Gaspésiennes et de Gaspésiens», ajoute le directeur du musée, Martin Roussy.

Un pédagogue avant tout

Jules Bélanger a aussi laissé sa marque dans le monde de l’éducation en Gaspésie. Pédagogue avant toute chose, il est l’un des membres fondateurs du Cégep de la Gaspésie et des Îles, où il a enseigné la littérature de 1969 à 1987. M. Bélanger a également été coordonnateur du département d’Arts et lettres, membre du conseil d’administration du Cégep en plus d’être, de 1981 à 1986, membre du Conseil supérieur de l’Éducation.

«Son implication dans le milieu de l’éducation fut remarquable; grand défenseur d’une langue française de qualité, il défendait l’idée qu’une bonne maitrise de la langue, tant à l’oral qu’à l’écrit, permet d’être un citoyen engagé et crédible. Le décès de M. Bélanger est une grande perte pour la région et le Québec; nous le remercions pour tout le travail qu’il a accompli» note la conseillère en communication du Collège, Julie Lépine, dans un communiqué.

La députée de Gaspé, la péquiste Méganne Perry-Mélançon, abonde dans le même sens, rappelant l'importance de M. Bélanger dans l’instauration d’un Cégep dans la péninsule gaspésienne. «M. Bélanger a été à l’avant-scène pour que la région obtienne l’établissement d’un cégep sur le territoire, alors que les orientations gouvernementales prévoyaient plutôt le déplacement des étudiants vers les grands centres. Il a toujours défendu le droit à l’éducation de proximité comme facteur de développement des communautés et il y a lui-même contribué en tant qu’enseignant dévoué», rappelle la députée dans un message publié sur sa page Facebook.

Une rue en l’honneur de Jules Bélanger

Dès l’annonce du décès de M. Bélanger, plusieurs voix se sont fait entendre afin de nommer une rue ou un parc en son honneur. Certains proposent même à la ville de Gaspé de renommer la rue principale, la rue de la Reine, par un nom rappelant l’héritage de Jules Bélanger. «Ce serait une bonne façon de remplacer ce symbole rattaché à la royauté britannique qui rejoint peu de gens. Il a eu beaucoup plus d’impact sur notre communauté que la Reine», plaide l’historien Jean-Marie Fallu, qui a souvent travaillé avec M. Bélanger. «Je serais très fier de marcher sur la rue Jules-Bélanger», conclut M. Fallu.

Du côté de la Ville de Gaspé, on n’exclut pas de nommer une rue ou un emplacement en l’honneur du pédagogue qui a marqué sa région. On rappelle cependant que cette décision sera prise par le comité de toponymie et soumise au conseil municipal.

Simon Carmichael, Initiative de journalisme local, Le Soleil