Déjà 11 incendies agricoles évités grâce à une technologie québécoise

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Une technologie développée au Québec pour la prévention des incendies agricoles est en train de s’implanter partout au Canada. Le système de l’entreprise PrevTech Innovations a évité pas moins de 11 incendies de fermes dans les dernières années, selon le copropriétaire Tony Rodrigue.

L’appareil de l’entreprise de Saint-Hyacinthe surveille notamment l’état du filage électrique et le déclenchement du disjoncteur lors d’une défaillance électrique. Des détecteurs de fuite à la terre sont également installés pour déterminer si du courant électrique circule là où il ne devrait pas.

« On détecte les signes précurseurs qui pourraient, s’ils se dégradent, amener à l’incendie, explique M. Rodrigue. Dans les grandes usines, il y a de la maintenance. Mais dans l’agricole, les gens sont super occupés. Le principe, c’est que si les gens corrigent les choses au fur et à mesure, il y a moins de probabilités de se retrouver dans une zone à haut risque d’incendie. »

Selon les comptes de l’entreprise, c’est plus d’une dizaine de catastrophes qui ont été évitées grâce à cette technologie. Une belle histoire s’est d’ailleurs propagée sur les réseaux sociaux à l’automne dernier, alors qu’une alarme de défaillance électrique envoyée directement sur le téléphone de l’agriculteur a sauvé la ferme Faucher et fils de Saint-Éphrem-de-Beauce d’un incendie certain.

« Il y a 11 situations qu’on a détecté qui aurait virées en incendie, confirme M. Rodrigue. Il y a aussi des cas multiples où les défaillances ont été réparées. Est-ce qu’elles auraient causé un feu? Peut-être que oui, peut-être que non. Dans d’autres cas, il n’y avait pas de risques d’incendie, mais on a sauvé une composante avant qu’elle lâche. »

Prévention, prévention, prévention

Les méthodes traditionnelles pour combattre un incendie ne peuvent pas toujours être utilisées lors d’un brasier dans un bâtiment agricole. Selon Tony Rodrigue, seule la prévention fonctionne réellement pour éviter le pire.

« Malheureusement quand il y a un incendie dans un bâtiment agricole où il y a des animaux, la stratégie, c’est de laisser brûler et de protéger ce qu’il y a autour parce que ça se propage trop vite, souligne-t-il. Les détecteurs de fumée et les gicleurs ne fonctionnent pas en raison de l’environnement corrosif, l’humidité et les gaz créés par les animaux. La seule chose qui fonctionne en réalité, c’est la prévention. »

Au moment d’écrire ces lignes, l’entreprise de Saint-Hyacinthe a 698 unités de surveillance en fonction pour près de 500 clients. PrevTech a ajouté 50 clients en janvier et prévoit 70 clients additionnels pour février.

« On est principalement au Québec, mais on a plus de 40 clients en Ontario. On a de gros clients dans le porc au Manitoba et on aura bientôt des clients en Alberta et en Colombie-Britannique. On a aussi un projet pour s’implanter au Nouveau-Brunswick. »

Une fondation pour les agriculteurs victimes d’un incendie est également dans les plans de la jeune entreprise.

Simon Roberge, Initiative de journalisme local, La Tribune