Dans l’arène du 14 novembre

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ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

Le navire covidien coule

Tous les journalistes de la tribune de presse de Queen’s Park étaient assis au bout de leur chaise, jeudi, lors de la conférence de presse quotidienne du premier ministre: chacun espérait entendre Doug Ford commenter les révélations faites par le Toronto Star voulant qu’il ait ignoré ses propres experts de santé publique quand il a conçu son plan de codes de couleurs de la COVID-19.

Or, M. Ford a passé les 25 premières minutes à parler de… construction navale.

Pas un mot sur la COVID-19, ou encore sur le scandale qui a fait réagir fortement les partis d’opposition, mais bien une demi-douzaine d’intervenants présents lors de cette conférence de presse quotidienne pour parler de bateaux. Quelques minutes plus tard, le député néo-démocrate Guy Bourgouin a réagi, sur les réseaux sociaux, à un commentaire d’un internaute qui déplorait l’inaction du premier ministre :

« Si vrai et si triste en même temps… Ford est prêt à couler le bateau avec nous tous à bord et à jouer avec la vie des gens… Appelez cela une “approche équilibrée” ! »

Doug Ford et son équipe, de grands fans de McDonald’s

Doug Ford a suscité la curiosité de plusieurs internautes, mardi, en publiant une vidéo faisant l’éloge de la chaîne de fast-food McDonald’s. C’était la deuxième fois en deux semaines que le premier ministre partageait ce genre de publicité gratuite pour la multinationale.

Son conseiller en communications, Cody Matthew Melton, a pour sa part tweeté quatre fois à propos de la chaîne de restauration rapide depuis les deux dernières semaines, notamment pour critiquer, à la blague, la décision de McDonald’s d’implanter son repas de côtelettes de porc, les McRibs, uniquement aux États-Unis, et pas au Canada.

Drôle de stratégie, pour un gouvernement qui fait tellement d’efforts pour encourager la population à consommer des produits locaux.

Fordisme de la semaine

« Celui qui a pris cette décision n’était pas le couteau le plus tranchant du tiroir. En fait, je pense qu’il était un couteau à beurre. »

Avant de répondre aux questions des journalistes, vendredi dernier, Doug Ford tenait à exprimer sa frustration à propos de la décision de la chaîne d’épiceries Whole Foods de bannir le port du coquelicot chez ses employés.

Cette expression ressemble drôlement à celle empruntée par la cheffe de Québec solidaire Manon Massé, quand elle avait été appelée à commenter le budget du Québec, en 2017 : « Ça ne prend pas le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre qu’après avoir mis le feu dans la bâtisse, ce n’est pas un petit coup de peinture et des rideaux neufs qui vont changer la situation ».

Émilie Pelletier, journaliste, Initiative de journalisme local, Le Droit