Des championnats en mode virtuel: un beau dénouement pour les jeunes patineurs

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Malgré la pandémie, Patinage Québec a pris la décision de maintenir la tenue des championnats provinciaux chez les séniors et les juniors. Pour arriver à une solution convenable pour tous malgré les nombreux interdits, on peut dire que les décideurs ont dû multiplier les axels, les lutz et les boucles piquées…

Cette année, les jeunes compétiteurs auront une fois de plus l’occasion de faire la démonstration de leurs talents. Mais il n’y aura pas de foule cette fois pour les applaudir et ils ne croiseront pas leurs rivaux dans les coulisses de l’aréna.

Leurs performances seront donc filmées et les vidéos seront expédiées aux juges afin que ces derniers puissent évaluer la qualité des performances. Au-delà des résultats, pour la grande majorité des patineurs, il y a d’excellentes raisons de se réjouir de cette décision qui aurait pu aller dans une tout autre direction.

« Nous étions prêts pour toutes les éventualités, admet Ian Connolly, entraîneur à l’école de patinage artistique Julie Marcotte à Sainte-Julie. C’est certain que ça va être spécial pour eux de faire leur routine sans spectateurs et sur leur lieu d’entrainement. Il ne doit y avoir aucun bruit afin que les juges puissent bien entendre le son et la musique. C’est nous qui allons devoir enregistrer les performances. »

Afin de s’assurer que tous allaient partir sur un pied (ou un patin!) d’égalité, les entraîneurs des différentes écoles de la province ont reçu une formation de base afin que l’enregistrement puisse mettre en valeur les qualités techniques et artistiques lors de l’exécution des chorégraphies.

« Nous avons eu une rencontre avec la Fédération des entraîneurs sur la procédure à suivre, poursuit Ian Connolly. Nous ne sommes pas des professionnels de la vidéo alors il faut s’assurer, par exemple, de ne pas couper les pieds du patineur. Il faut que les juges puissent les voir à 100%, alors ça vient avec quelques défis. »

Le maintien de cette compétition est d’autant plus important que ces expériences sont critiques pour le développement des jeunes patineurs et pour le maintien d’une motivation qui aurait pu être altérée par les épreuves et les revirements de situation des derniers mois.

« Ç’a rendu notre travail plus complexe, avoue l’entraîneur. On doit trouver beaucoup d'idées pour les garder motivés. Le fait d’avoir une compétition, même s’ils ne vont pas patiner devant une foule, ça leur permet de se fixer des objectifs. Ça leur donne une date à laquelle ils doivent avoir maîtrisé leur routine. Ça leur permet de garder leur développement à l’avant-plan. »

Pour l’instant, les entraîneurs ne savent toujours pas si les patineurs vont pouvoir visionner les performances des autres compétiteurs, question de se positionner et de comparer leur niveau de développement. Un souci, somme toute, secondaire dans les circonstances.

« La fédération a vraiment travaillé fort, alors chapeau à eux, lance Ian Connolly. Ça n’a pas été évident après l’annulation des Championnats du monde. Je suis aussi impressionné de voir la passion que les jeunes ont pour ce sport qu’ils pratiquent depuis des années. Ils sont motivés alors que ç’a pu être une période difficile pour eux. Ils arrivent avec le sourire, prêts à se développer et à garder l’espoir. Franchement, nous sommes vraiment choyés. »

Par ailleurs, les Championnats canadiens de patinage artistique ont pour leur part été reportés de quelques semaines. La compétition se tiendra au Centre sportif Doug Mitchell Thunderbird, à Vancouver, du 8 au 14 février. En personne cette fois… si tout va bien.

Steve Martin de l'Initiative de journalisme local, La Relève