Des députés conservateurs mal à l'aise d'interdire les thérapies de conversion

Catherine Lévesque
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OTTAWA — Des députés conservateurs ont été rappelés à l'ordre par la présidence de la Chambre des communes après avoir exprimé des réticences lors d'un vote sur l'interdiction des thérapies de conversion.

Les élus fédéraux étaient appelés mercredi à voter en deuxième lecture sur le projet de loi C-7. Il ira donc devant un comité parlementaire pour y être étudié et amendé, avant de revenir aux Communes pour y être adopté en troisième lecture.

Si elle est adoptée, la loi interdirait les thérapies de conversion pour les mineurs et rendrait illégal le fait d’envoyer un mineur à l’étranger à cette fin. Il serait également interdit d’obliger un adulte à suivre une telle thérapie contre son gré, ou de tirer profit de ces thérapies et des publicités à leur sujet.

Certains députés conservateurs avaient déjà exprimé des réticences au sujet de ce projet de loi. Ils craignent qu'il aille trop loin et criminalise, par exemple, des conversations entre parents et enfants sur les thérapies de conversion ou sur l'orientation sexuelle.

La grande majorité des députés (308), dont tous les libéraux, bloquistes, néo-démocrates et verts, a voté en faveur du projet de loi en deuxième lecture. Seuls sept députés conservateurs ont voté contre et deux autres conservateurs se sont abstenus.

Huit autres députés conservateurs ont voté pour, mais en prenant soin de préciser la raison de leur vote.

«En toute bonne foi, je vais voter pour envoyer ce projet de loi imparfait en comité», a affirmé la conservatrice Cathay Wagantall lorsqu'est venu son tour de voter.

Son collègue Glen Motz a dit qu'il souhaitait que le comité fasse «les changements nécessaires» au projet de loi.

Il est pourtant interdit d'expliquer les intentions derrière son vote, comme l'a rappelé une élue néo-démocrate qui s'est adressée à la présidence de la Chambre des communes.

«Nous avons entendu beaucoup de qualificatifs pendant ce vote et c'est supposé d'être "oui" ou "non". Donc, j'aimerais entendre un verdict de votre part. (...) Les députés n'ont pas le droit de faire des discours», a plaidé Lindsay Mathyssen, qui s'est levée pour un appel au règlement.

Le président de la Chambre des communes, Anthony Rota, lui a donné raison. Il a dit aux députés de s'en tenir à un simple «pour» ou «contre».

«Depuis le début, nous demandons aux députés de se prononcer en faveur ou contre, pas de débattre, ni de se lancer dans une longue diatribe. (...) J'espère que les honorables membres, lors du prochain vote, respecteront ces règles», a tranché M. Rota.

Catherine Lévesque, La Presse Canadienne