Des inspections dans moins de 2% des foyers pour aînés durant la pandémie en Ontario

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ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

Du 1er mars au 15 octobre 2020, seuls 11 des 651 foyers de soins de longue durée ont fait l’objet d'une inspection proactive et complète de la part du gouvernement Ford.

Un peu plus de 98 % des foyers de soins de longue durée de l’Ontario ont donc été épargnés par les inspections proactives de la province à partir du moment où les éclosions de COVID-19 ont commencé dans le monde.

C’est l’un des plus récents constats de la Commission ontarienne d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée, qui a publié un deuxième rapport provisoire, vendredi.

Les travaux de cette commission d’enquête ont débuté après que les Forces armées canadiennes aient révélé la situation inhumaine vécue dans certains de ces établissements après y avoir été appelés en renfort par le gouvernement au début de la pandémie.

Lorsque le gouvernement libéral était au pouvoir, presque tous les foyers pour aînés de la province recevaient des inspections annuelles de la qualité des services aux résidents.

Le gouvernement Ford a décidé, à l’automne 2018, de réduire considérablement ce type d’inspections pour faire place à des inspections qui se concentrent davantage sur les foyers qui représentent un plus grand risque.

Ainsi, au cours de l’année 2018, un peu plus de la moitié des foyers de soins de longue durée ont fait l’objet d’une inspection de la qualité des services aux résidents.

L’année d’après, la première année complète où le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford était au pouvoir, ce nombre a chuté à 27.

Les commissaires chargés d’enquêter sur la situation de la COVID-19 dans ces établissements jugent que cette décision a « laissé un tableau incomplet de l’état de la prévention et du contrôle des infections (PCI) et de la préparation aux situations d’urgence ».

« Avec la quasi-suppression des inspections de la qualité des services aux résidents et les inspections minimales déclenchées par les plaintes ou les incidents critiques de la prévention et le contrôle des infections (PCI), les inspections du ministère des Soins de longue durée n’ont guère aidé à identifier de façon proactive les lacunes dans le contrôle des infections dans les foyers et à y remédier », peut-on lire dans le rapport.

Le ministère des Soins de longue durée mène toujours des inspections lorsqu’un incident grave survient, comme lorsqu’un proche fait une plainte à l’établissement ou lorsqu’un résident se blesse.

La ministre des Soins de longue durée Merrilee Fullerton a déclaré vendredi que son gouvernement travaille déjà à mettre en place certaines des nouvelles recommandations formulées par la Commission d’enquête.

Les commissaires ont également émis des recommandations relatifs au manque de leadership remarqué dans les foyers les plus touchés par des éclosions et à la coordination des inspections dans la province.

Contrairement à d’autres enquêtes publiques, les travaux de la Commission sont menés durant la pandémie de la COVID-19, « et pendant qu’une deuxième vague d’infections se produit dans la province, y compris dans les foyers de soins de longue durée »

Le rapport final présentera « un compte rendu de ce qui s’est passé au cours de la première vague de la pandémie et fournira un large éventail de recommandations relatives aux défis systémiques de la COVID-19 et aux facteurs qui ont contribué à la tragédie dans les foyers de soins de longue durée », assurent les commissaires.

Émilie Pelletier, journaliste, Initiative de journalisme local, Le Droit