Des transferts de détenus font craindre le pire à Bordeaux

Simon Van Vliet, Initiative de journalisme local
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Ahuntsic- Cartierville - Le transfert de personnes incarcérées en provenance de l’Établissement de détention de Gatineau suscite la consternation dans la population carcérale de la prison de Bordeaux.

Talonné par Journaldesvoisins.com, le ministère de la Sécurité publique (MSP) a fini par confirmer lundi en fin de journée que trois personnes incarcérées à Hull ont été transférées à Bordeaux le 16 octobre.

À leur arrivée à la prison de Bordeaux, les personnes transférées n’ont pas été placées en isolement, ce qui a suscité une vive inquiétude chez les détenus.

Les détenus inquiets

L’appréhension était palpable chez les détenus avec qui Journaldesvoisins.com s’est entretenu ces derniers jours. C’est que le réseau carcéral québécois fait actuellement face à deux éclosions, l’une à l’établissement de Trois-Rivière et la seconde à l’établissement de Gatineau.

Un détenu a récemment dénoncé la gestion de l’éclosion à Trois-Rivières, en des termes qui ne sont pas sans rappeler les critiques relevées dans notre récent dossier sur la pandémie à Bordeaux.

Rappelons qu’une première éclosion à Bordeaux a été maîtrisée au printemps, mais qu’une centaine de personnes incarcérées ont été atteintes, dont une qui est décédée des suites de complications liées à la COVID-19.

Le détenu, qui dit avoir subi cinq crises d’angine liées à la COVID, s’inquiète pour sa santé. Il n’a peut-être pas tort, car les cardiologues en sont toujours à se questionner sur les effets à long terme d’une infection au coronavirus sur la santé cardiaque.

Le Ministère se veut rassurant

À la demande du JDV, le bureau de la députée Christine St-Pierre a cherché à obtenir hier des précisions sur la situation à Bordeaux.

Un détenu de Bordeaux nous a toutefois fait part d’au moins un autre transfert récent en provenance de l’établissement de détention de Rivières-des-Prairies.

Le MSP assure que ce transfert s’est fait dans les règles de l’art.

Or, selon les informations que Martin Fecteau nous a communiquées, un protocole strict doit être respecté en cas de transfert et les personnes transférées doivent en principe observer une quarantaine.

Quoi qu’il en soit, le MSP affirme pour sa part que les trois personnes transférées à Bordeaux il y a dix jours ne se trouvaient pas dans le secteur où s’est déclenchée l’éclosion à Hull et ne présentaient pas de symptômes de la COVID. Il précise que les résultats des tests de dépistage réalisés à leur arrivée à Bordeaux se sont révélés négatifs.

Soulignons toutefois que l’éclosion à Hull n’a été confirmée qu’après le transfert de trois personnes déplacées vers la prison de Bordeaux.

Une personne incarcérée avec qui nous avons communiqué lundi soir se disait soulagée de savoir que les détenus avaient obtenu des résultats négatifs, mais plusieurs redoutent une éventuelle seconde vague entre les murs de l’établissement.

Simon Van Vliet, Initiative de journalisme local, Journal des voisins