Deux bulletins au lieu de trois pour l’année scolaire 2020-2021

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Le 8 octobre, le ministère de l’Éducation a annoncé des modifications au régime pédagogique pour l’année scolaire en cours. Deux bulletins au lieu de trois et une révision des pondérations de certaines épreuves ministérielles sont entre autres au menu.

« Essentiellement, la grosse modification est celle de l’organisation de l’année scolaire, qui est normalement bâtie sur trois étapes », explique Éric Faguy, directeur des services éducatifs au Centre de services scolaire de la Moyenne-Côte-Nord. Pour 2020-2021, l’année est plutôt divisée en deux étapes, la première qui se terminera le 22 décembre et la seconde à la fin des classes.

Qui dit moins de bulletins dit révision des pondérations de ceux-ci. « Habituellement, les deux premières étapes valent chacune 20 % et la troisième vaut pour 60 % de l’année », précise M. Faguy. Cette année, chaque bulletin comptera pour 50 % de la note finale de l’élève, ce qui peut avoir une incidence sur son parcours scolaire.

« Un jeune qui n’aurait, disons, pas bien réussi sa première étape va se retrouver en situation difficile pour la deuxième étape », estime Nelson Lamoureux, directeur des écoles d’Aguanish, Baie-Johan-Beetz et Natashan. « Quand la première étape compte pour 20 % et la deuxième pour 20 % aussi, un élève pourrait techniquement avoir 0 sur ces deux bulletins-là et quand même réussir son année s’il obtient 100 % sur à la troisième étape parce qu’elle compte pour 60 %. »

La réduction du nombre de bulletins n’aura cependant pas d’impact sur le nombre d’évaluations, stipule M. Lamoureux, parce que le processus d’apprentissage aux niveaux du primaire et du secondaire en est un « en boucle ». « On va apprendre des choses, on va valider que le jeune a compris et appris via des évaluations au fur et à mesure qu’on avance dans l’apprentissage. C’est une boucle de rétroaction », soutient-il. « Au bout du compte, il n’y aura pas moins d’évaluations, mais elles ne se feront pas au rythme qu’avant. »

La pondération de certaines épreuves ministérielles est aussi revue à la baisse, passant de 20 % à 10 %. Il s’agit des épreuves dites « obligatoires » en lecture et écriture pour les 4e et 6e années, auxquelles s’ajoute celle de mathématiques pour les finissants du primaire, ainsi qu’en écriture pour les élèves du 2esecondaire.

« Ce qu’on nous a annoncé également, c’est que les épreuves seront un petit peu moins longues qu’à l’habitude, donc les enseignants et les élèves auront moins de temps à y consacrer dans l’idée de libérer plus de temps dans l’année scolaire pour les apprentissages », indique Éric Faguy.

L’école en contexte de pandémie

Les modifications au régime pédagogiques sont directement liées à la pandémie de COVID-19. L’adaptation aux technologies reliées à l’enseignement à distance et le remaniement de la planification de l’année en cours leur exigent une charge de travail supplémentaire. Le ministère de l’Éducation a donc ajouté trois journées pédagogiques au calendrier scolaire « qui serviront notamment à la planification et à des formations pour les enseignants », expose M. Faguy.

Nelson Lamoureux croit qu’assister à davantage de formations axées sur l’enseignement à distance ne sera pas perdu vu le contexte de pandémie. « C’est une réalité avec laquelle on devra vivre pour les prochains mois, voire la prochaine année. »

La COVID-19 force d’ailleurs les rencontres enseignants-parents à se tenir sous le signe de la prudence. Les parents d’élèves qui fréquentent les écoles Saint-François-Régis (Baie-Johan-Beetz), Notre-Dame-de-Grâce (Aguanish) et Notre-Dame-des-Anges (Natashquan) devront obligatoirement prendre rendez-vous avec les professeurs pour les rencontrer.

« On ne veut pas qu’il y ait toute une trâlée de parents ici à l’école qui attendent dans les corridors pour rencontrer les enseignants afin de nous assurer qu’on respecte les mesures sanitaires et qu’on évite toute propagation potentielle du virus », précise M. Lamoureux. Les rencontres se feront soit au téléphone, soit par visioconférence, soit en face-à-face avec port du couvre-visage.

Si la région est somme toute assez épargnée par la pandémie, le Centre de services scolaire de la Moyenne-Côte-Nord demeure sur le qui-vive. « Les enseignants doivent avoir en tête qu’à tout moment, tout peut basculer vers l’enseignement à distance », rappelle Éric Faguy, mais « somme toute, ça va bien ». Que la Côte-Nord soit encore au jaune « nous permet de continuer à offrir les services éducatifs 100 % en présentiel dans les écoles. Ça, on l’apprécie. »

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur