Deux grandes îles: des élus veulent plus de transparence

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L’opposition officielle et un conseiller indépendant ont enregistré leur dissidence à l’égard de la résolution autorisant l’échange d’un lot dans la transaction impliquant deux des trois grandes îles de l’archipel Saint-François.

«Je suis en faveur de l’achat des îles et du prix qu’on paye, mais pas de la façon dont on paye», a résumé Claude Larochelle, conseiller municipal de Fabreville et représentant de Parti Laval – Équipe Michel Trottier.

Son chef Michel Trottier et le conseiller de Vimont, Michel Poissant, ont manifesté la même réserve lors du débat entourant ce point à la dernière assemblée municipale.

Tous trois auraient souhaité que la Ville commande à une firme externe un rapport d’évaluation du lot à céder en échange des îles aux Vaches et Saint-Pierre.

«Les terrains à Laval valent plus que ça, a fait valoir M. Poissant en parlant du lot de 65 615 mètres carrés dont la valeur a été établie à 10 M$ par les services municipaux. C’est 15 $ le pied carré».

Zoné résidentiel, le terrain en question est situé dans le prolongement de l’avenue des Pélicans au sud de l’avenue Marcel-Villeneuve, dans Saint-François.

«On n’a pas jugé bon de faire faire une évaluation externe», a déploré M. Larochelle, insistant sur l’importance de valider la valeur précise des actifs des Lavallois avant de les céder à un promoteur. Le même reproche avait été adressé au printemps dernier dans le cadre du règlement du litige entourant le Commodore. Claude Larochelle estimait alors que les immeubles dont la Ville se départait étaient sous-évalués.

Selon M. Poissant, une évaluation indépendante coûte en moyenne 10 000 $, une somme qu’il jugerait bien investie dans la mesure où elle dissiperait les doutes et contribuerait à relever le niveau de confiance des citoyens, dit-il.

Sans cette opinion professionnelle externe, les Lavallois n’ont «aucune idée objective et indépendante de la valeur marchande de ce que nous cédons», ajoute Michel Trottier.

Par ailleurs, les trois dissidents n’ont pas manqué d’évoquer les lacunes soulevées cet été par la vérificatrice générale de la Ville, Véronique Boily, en matière de transactions immobilières.

À la page 66 de son rapport annuel, Mme Boily écrit entre autres: «Le processus d’évaluation de la valeur marchande manque de robustesse et n’est pas soumis à un contrôle de la qualité documenté», avant d’ajouter que «l’employé de la Ville mandaté pour procéder à l’évaluation de la valeur marchande est aussi responsable de négocier et de conclure la transaction [ce qui] le place dans une situation délicate.»

Membre du comité exécutif, Ray Khalil s’est porté à la défense des employés affectés au Service de l’évaluation et au Bureau des transactions et des investissements immobiliers.

«J’ai entièrement confiance en nos équipes, a-t-il indiqué. On va à l’externe si c’est nécessaire, mais on a les compétences à l’interne».

Opinion corroborée par sa collègue Virginie Dufour, qui a tenu à corriger les dires de M. Larochelle selon lesquels la Ville - en pareille circonstance - procède à des évaluations internes et externes, un peu comme elle l’a fait pour établir la valeur des îles aux Vaches et Saint-Pierre avant de les acquérir.

«En fait, c’est plutôt rare qu’on fait faire une évaluation par des firmes externes, a-t-elle répliqué. Dans le cas des deux grandes îles, c’est à la demande du gouvernement du Québec qu’on l’a fait.»

Rappelons que le 25 octobre, l’administration Demers annonçait l’acquisition de deux grandes îles de l’archipel St-François au coût de 21 900 000 dollars, dont 14, 9 M$ assumés par la Municipalité incluant la cession d’un lot de 10 M$. Le gouvernement Legault a complété le montage financer au moyen d’une contribution de 7 M$.

Stéphane St-Amour, Initiative de journalisme local, Courrier Laval