Deux projets résidentiels à l'étude à L'Anse-Saint-Jean

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Le développement de l’hébergement au village alpin du Mont-Édouard pourrait prendre de l’expansion alors que le conseil municipal a reçu lundi, le dépôt de deux projets qui pourraient représenter 40 M$ d’investissements.

L’un concerne la phase 3 du développement résidentiel Val-Anse et le second vise l’ouverture d’un nouveau secteur haute densité à l’est du Refuge et du chalet principal de la station, près de la pente La Buse.

En entrevue avec Le Quotidien, le promoteur, Sylvain Dufour, un individu originaire de Chicoutimi établi à Montréal et qui a oeuvré, entre autres, dans la rénovation immobilière, a fait part à la municipalité de son intention de se porter acquéreur d’un terrain d’environ 900 000 pieds carrés situé à l’est de la station. Il envisage d’y développer un projet immobilier qui comporterait une centaine d’unités de condominiums, de maisons de ville, de triplex, de quadruplex, etc. « Mon but est de me porter acquéreur des terrains et d’agir comme promoteur pour la vente de terrains à des entrepreneurs qui se montreraient intéressés. Je ne suis pas un constructeur », affirme-t-il.

Le projet consisterait à prolonger la rue de Rouveret, accessible par la rue du Refuge, donnant accès ainsi à un croissant de terrain aménageable sur différents niveaux jusqu’à la piste La Buse, où serait aménagé un rond-point en forme de tête de pipe. Pour l’aider dans l’aménagement de ce nouveau secteur, qui comprend également des milieux humides et un ruisseau, M. Dufour a fait concevoir un plan directeur par la firme montréalaise DKA Architectes tout en recourant aux services de Mme Dominique Simard, une biologiste de La Baie.

Le plan d’ensemble a été présenté à deux reprises au comité consultatif d’urbanisme ainsi qu’aux élus, affirme M. Dufour. Les relations avec les membres ont été cordiales. M. Dufour explique que son intention est de respecter en tous points les règles environnementales ainsi que le milieu bâti existant.

La construction d’immeubles ayant un maximum de trois étages destinés à respecter la vue des propriétaires actuels, un tracé de rue qui prévoit des stationnements dans le périmètre intérieur de la rue, les prévisions d’ensoleillement selon les saisons ainsi qu’une volonté d’ériger des immeubles d’une architecture uniforme figurent au projet, de même que des relevés topographiques destinés à l’aménagement futur.

Le promoteur affirme que la réalisation d’un tel projet immobilier pourra se concrétiser avec la collaboration de la municipalité puisqu’il sera nécessaire d’aménager des infrastructures d’aqueduc et d’égout, de réaliser des travaux de génie civil, des travaux d’ingénierie, d’arpentage, etc. Pour le moment, aucune évaluation du coût de ces travaux n’a été réalisée, mais M. Dufour croit que l’Anse-Saint-Jean pourrait hausser la valeur foncière de son rôle de 30 M$ par l’ajout de 100 nouveaux comptes de taxes à 300 000 $ d’évaluation l’unité. Le promoteur croit qu’il y aurait moyen de discuter d’une formule de partage du coût des infrastructures.

Toutefois, avant d’amorcer des dépenses supplémentaires en études, il souhaite que la municipalité fasse connaître son intention pour le développement futur du village alpin et en particulier à ce projet.

Du côté de la municipalité, le maire Lucien Martel confirme qu’il y a un intérêt certain pour ce développement et c’est pourquoi il souhaite rencontrer, très prochainement, la firme d’architectes ainsi que le promoteur afin d’obtenir davantage de précisions. La présence de milieux humides et d’un ruisseau, la mise en place d’un système d’assainissement des eaux pour ce développement et le village alpin, l’aqueduc et l’aménagement de la rue et d’un système d’éclairage sont tous des sujets qui devront être discutés, selon lui. « Lors d’un développement résidentiel, c’est le promoteur qui paie pour l’ouverture de la rue et les infrastructures conformes et il la remet à la municipalité pour 1 $ lorsque tout est terminé. On a adopté un règlement, dernièrement, pour bien planifier les infrastructures qui doivent être mises en place », a indiqué M. Martel.

Val-Anse

Un autre projet figure également dans les cartons et il s’agit de la phase 3 du développement Val-Anse par le promoteur Jean-Marc Brassard. En entrevue, l’homme de 76 ans a affirmé qu’il travaille actuellement à la réalisation de la phase 3, ce qui permettrait l’ouverture de 30 à 40 terrains supplémentaires pour des résidences ou chalets individuels. « Je ne peux pas trop encore en parler parce que j’attends des autorisations de l’environnement dans le cadre de délais normaux », a-t-il déclaré. M. Brassard a rappelé que lors de la réalisation des deux premières phases de son projet, 44 terrains ont été développés.

L’ajout d’une nouvelle phase pourrait se traduire par des investissements supplémentaires de 10 M$ constitués de résidences secondaires érigées à 300 000 $ l’unité incluant le terrain. Il ajoute que la prochaine phase de son développement pourrait être complémentaire à celui que caresse Sylvain Dufour qui souhaite aller de l’avant avec de la haute densité.

Commentant ce dossier, le maire Martel a mentionné que le prolongement de la rue Hermina Lavoie que veut réaliser M. Brassard nécessitera un changement de zonage, puisque le promoteur est rendu à la limite du secteur de développement de la villégiature. « On a entrepris l’ouverture d’un dossier afin de demander à la MRC un changement au zonage. » Une telle démarche nécessite un délai de trois à six mois. Toujours en relation avec la construction, le conseil a donné son approbation à l’émission de cinq permis de construction, dont quatre dans le village alpin. L’un des projets prévoit la construction d’un immeuble de six unités.

Denis Villeneuve, Initiative de journalisme local, Le Quotidien