Deuxième confinement : un manque à gagner pour l'État qui pourrait atteindre 2,1 G$ estime l'Institut du Québec

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COVID-19. À partir d'un exercice de simulation de réduction des dépenses de consommation non-essentielles des ménages, l'Institut du Québec (IDQ) a calculé l'impact qu'un deuxième confinement entraînerait sur les revenus de l'État provenant des taxes et des impôts pour l'année fiscale 2020-2021. Les pertes pourraient aller entre 660 M$ et 2,1 G$ selon l'un ou l'autre des huit scénarios retenus. «Ce manque à gagner, somme toute relativement limité, laisse supposer que les 4 G$ mis en réserve par le gouvernement en juin dernier, s'avéreraient tout à fait suffisants pour compenser les pertes de revenus d'un deuxième confinement», soutient Mia Homsy, présidente-directrice générale de l'IDQ. Précisons toutefois que ces simulations portent exclusivement sur les effets qu'un deuxième confinement économique aurait sur les revenus autonomes, ce qui exclut l'impact sur les revenus des sociétés d'État et les dépenses additionnelles en santé, en éducation et en soutien aux individus et aux entreprises. «Pour mesurer avec plus d'exactitude les répercussions de cette crise sur les soldes budgétaires, il faudra aussi tenir compte des dépenses. Or, nous avons fait le choix de concentrer notre analyse sur l'impact des restrictions sanitaires sur les revenus de l'État. D'autant plus que l'explosion des dépenses en santé et en éducation liées à l'urgence sanitaire ne peut encore être totalement chiffrée», spécifie Mia Homsy. La résilience des revenus de l'État québécois s'expliquerait en partie par l'importance des mesures adoptées par le gouvernement fédéral en vue de soutenir les individus et les entreprises. En intégrant cette variable au modèle, il en ressort que la reprise amorcée à l'été 2020, et pour l'année 2021, pourrait s'avérer plus rapide et plus forte. Conséquemment, cette injection importante de fonds dans l'économie québécoise fait en sorte que les revenus de l'État s'en trouvent moins affectés pour l'année en cours et devraient repartir à la hausse plus rapidement. Ainsi, l'épargne importante amassée par les ménages au cours des deux confinements pourrait se traduire par une augmentation accrue des dépenses de consommation, et limiter les pertes de revenus fiscaux et de taxation pour le gouvernement du Québec. De plus, comme les mesures de restrictions économiques actuelles sont plus ciblées qu'au printemps, elles paralysent une part bien moins importante de l'économie. Ainsi, bien que certains secteurs économiques (restauration, hébergement, culture et loisirs) soient encore fortement affectés par les mesures sanitaires, un grand nombre d'entreprises québécoises peut tout de même poursuivre ses activités en intégrant des contraintes plus légères.

Néanmoins, tout porte à croire que les secteurs les plus affectés et les personnes y travaillant auront besoin de soutien financier soutenu pendant plusieurs mois. Certaines industries seront même transformées de façon durable et des commerces seront contraints à fermer leurs portes. «Ainsi, bien que les résultats de nos modélisations soient rassurants quant à l'impact d'un deuxième confinement sur le manque à gagner de l'État, il nous faudra désormais attendre pour évaluer si les nouvelles seront aussi positives du côté des dépenses. Rien ne l'indique pour l'instant», conclut Mia Homsy.

À propos de l'Institut du Québec L'Institut du Québec est un organisme à but non lucratif qui publie des recherches et des études sur les enjeux socioéconomiques contemporains du Québec. Il vise à fournir aux autorités publiques, au secteur privé et à la société civile les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées, et ainsi contribuer à bâtir une société plus dynamique et prospère. institutduquebec.ca

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal