Eaux usées : 12 municipalités continuent les déversements en nature

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Pas moins de douze municipalités de la région n’ont toujours pas les installations exigées par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) et continuent de déverser leurs eaux usées dans les différents cours d’eau.

Le Règlement sur les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées (ROMAEU) adopté en janvier 2014 prévoit que les municipalités doivent au plus tard, le 31 décembre 2020, se munir d’une station d’épuration.

Ces douze municipalités sont : Labrecque, Saint-André, Notre-Dame-de-Lorette, Saint-Edmond, Saint-Eugène, Saint-Ludger-de-Milot, Sainte-Monique, le secteur de Sainte-Elizabeth-de-Proulx, Sainte-Rose-du-Nord, L’Anse-Saint-Jean, Saint-Fulgence et Saint-Charles-de-Bourget. Il est à noter que ces trois dernières possèdent un dégrilleur qui permet la rétention d’une partie des matières solides avant le rejet.

Délais trop courts

Plusieurs municipalités ne pourront toutefois pas implanter ces infrastructures avant 2022. C’est notamment le cas de Sainte-Monique, Saint-André et Notre-Dame-de-Lorette. Le maire de Saint-André, Gérald Duchesne déplore pour sa part la lenteur des ministères dans ce dossier.

« C’est impossible, il faut oublier ça. C’est dans un mois. Il y’a eu des mésententes entre les ministères et notre firme d’ingénieur et ça a retardé les contrats. On n’a rien d’entrepris. Ça avance à pas de tortue. Ça fait depuis mon arrivée à la mairie il y a trois ans que je travaille là-dessus. Si ça avait été juste de moi, je l’aurais fait dès le début », soutient-il.

Laxisme

De son côté, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) assure que des délais avaient été prévus dès l’entrée en vigueur du règlement.

« L’implantation d’une station d’épuration est un projet d’envergure dont la réalisation peut prendre plusieurs années. Ceci est d’autant plus vrai pour une très petite ou petite municipalité n’ayant pas nécessairement toutes les ressources pour mener à terme un tel projet d’infrastructure. Le Ministère accompagnera plus étroitement ces dernières afin de les soutenir dans l’atteinte des normes règlementaires », explique la porte-parole régionale Sophie Gauthier.

Quant à la Fondation Rivières, qui vise à la préservation et la mise en valeur des rivières, elle accuse les différents ministères de « laxisme » pour ce qui est de l’accompagnement des municipalités dans ce processus.

« Ce délai d’environ 6 ans aurait été amplement suffisant pour permettre la construction de ces stations d’épuration. Encore une fois, le laxisme du MELCC et l’absence d’accompagnement et la bureaucratie du MAMH font en sorte que les retards se multiplient », déplore Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières.

Julien B. Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Lac St-Jean