Fabrication métallique : la rareté de la main-d'oeuvre a des impacts sur les capacités de production

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ÉCONOMIE. Malgré le ralentissement économique occasionné par la pandémie, les entreprises manufacturières qui transforment le métal font encore face à des problèmes de pénurie de main-d'œuvre révèle un sondage. Une problématique bien réelle pour le secteur manufacturier qui a un impact sur les capacités de production des entreprises. Plus spécifiquement, trois quarts de la centaine d’entreprises sondées par les organismes PERFORM, le Comité sectoriel de la main-d'oeuvre dans la fabrication métallique industrielle, le Réseau de la Transformation Métallique du Québec (RTMQ) et Sous-Traitance Industrielle Québec (STIQ) indiquent rencontrer des difficultés de recrutement de main-d'oeuvre et près de la moitié considèrent qu'elles sont plus fréquentes depuis le début de la pandémie. Les soudeurs, soudeurs-assembleurs ainsi que les journaliers sont des perles rares recherchées par près de 50% des répondants. Pour plus des trois quarts d'entre eux, la requalification de travailleurs provenant d'autres secteurs d'activité pourrait être une solution à envisager ainsi que le recours à la formation. Également, la majorité de ces entreprises ont vu leur production diminuer depuis le début de la pandémie. Plus du quart affirment avoir enregistré une baisse de production supérieure à 25 %. Quelques-unes associent cette baisse aux difficultés économiques que traverse actuellement l'industrie aérospatiale alors que d'autres l'attribuent au manque criant de la main-d'oeuvre. Les deux tiers des entreprises déclarent enregistrer une baisse de leur carnet de commandes, dont le tiers l'estime supérieure à 20 %. En contrepartie, 15 % d'entre elles constatent une hausse de leur volume de production, imputée à la forte demande pour les produits du domaine de la construction, ainsi que pour les équipements médicaux et le matériel lié à l'horticulture. Pour faire face à la crise sanitaire, le gouvernement du Québec a mentionné à quelques reprises sa volonté d'encourager la fabrication au Québec. Plus de la moitié des entreprises considèrent avoir la capacité de réaliser ce défi dès maintenant, alors que seulement un tiers estiment que cela sera possible d'ici les cinq prochaines années. Pour ce faire, elles affirment qu'il est impératif de trouver des solutions à la problématique liée à la rareté de la main-d'oeuvre. Pour plusieurs, des investissements en capitaux seront requis afin d'augmenter la productivité de leurs installations en investissant dans des équipements de pointe. Par ailleurs, la pandémie risque de compromettre la pérennité d'environ 30 % des entreprises répondantes. Ce pourcentage est identique à celui obtenu lors d'une enquête similaire menée en mai dernier. Note encourageante, un transfert de 5 % a eu lieu de la catégorie « risque très élevé/élevé » à celle « risque moyennement élevé ». Enfin, les deux tiers des répondants demeurent « optimistes ou très optimistes » en ce qui concerne la relance de l'économie au cours des six prochains mois.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal