Faites le tour du monde avec Ugo Monticone

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Le dernier ouvrage d’Ugo Monticone, Tracés de voyage, nous entraîne autour du monde et nous plonge dans les souvenirs de l’auteur grâce à la réalité augmentée.

Ugo m’appelle de l’Île-du-Prince-Édouard. Il fait l’entrevue en attendant un traversier pour les Îles de la Madeleine. Depuis 20 ans (et depuis qu’il a 20 ans), Ugo sillonne le monde à la recherche d’histoires et d’expériences pour noircir les pages de ses livres. Avec Tracés de voyage, il revisite 20 destinations et nous les dépeint en courts chapitres, comme des cartes postales, pour nous donner le goût d’ailleurs.

Ugo admet qu’avec le temps, il a moins l’occasion de voyager comme autrefois. « Je me rends compte de quelle expérience significative c’était, quand je partais seul, de longues périodes de temps. Laisser le hasard, l’imprévu me guider, s’immerger dans la culture. C’est de plus en plus dur de me permettre de partir plusieurs mois. »

Le globetrotteur craint que des voyages plus courts ne lui donnent pas le matériel nécessaire pour remplir ses prochains livres : une crainte qu’il compare au syndrome de la page blanche. « En une semaine, il peut arriver plein d’affaires. Mais quand tu pars longtemps, tu peux faire des rencontres significatives, tu augmentes tes chances. Le voyage est beaucoup plus riche. Quand tu pars 3 mois, tu as l’impression d’être parti 3 ans. Tu reviens chargé d’apprentissages, d’expériences. »

Ugo n’écrit presque pas lorsqu’il est en voyage, mis à part quelques notes. Il préfère s’ouvrir aux expériences. « Dans le fond, c’est le vivre qui est important. Quand tu vis quelque chose qui vient te chercher, tu es surchargé par l’expérience. Il te reste juste à l’écrire. » Lorsqu’il part, l’aventurier se donne comme mission d’être une éponge, et d’absorber le plus possible ce qui l’entoure.

Pour ce faire, il doit s’immerger dans la culture locale, le quotidien des gens. « Le but, c’est de se fondre, qu’ils oublient que tu es là et que tu es différent. » Souvent, cela veut dire sortir des sentiers battus, aller à la rencontre de l’inconnu. « Écrire, je trouve ça facile, plaisant. Mais en voyage, je dois me donner des défis. Même si j’ai beaucoup voyagé, je suis toujours stressé avant de partir. J’ai encore cette peur de l’inconnu. »

Il faut dire que voyager n’est plus la même expérience aujourd’hui non plus, dû à la technologie. Avant, les cartes postales pouvaient arriver après le retour d’Ugo au pays. Maintenant, les j’aime sur Facebook sont instantanés.

« Avant Internet, en voyage, tu sors ta carte papier. Tu arrives dans un village, et tu n’as aucune idée s’il y a de l’hébergement. Le téléphone coûtait 5$ la minute. Main-tenant, tu es à l’autre bout du monde et tu sais quand même si le Canadien a gagné! », illustre-t-il.

L’explorateur regrette cette connexion constante et omniprésente. « Cette coupure fait partie du voyage. Les voyages les plus enrichissants ont cette coupure complète, où on se retrouve avec soi. Quand tu vas dans un pays plus pauvre, ça remet tes valeurs en place. Ça change ta façon de vivre et de voir la vie. »

Pour plonger le lecteur dans ses souvenirs, l’auteur a ajouté la réalité augmentée à son livre, avec l’aide d’Isabelle Gagné, alias MissPixel, et de Marc Sauvageau, tous deux originaires des Laurentides. En téléchargeant l’application Artivive sur son appareil, on peut voir les illustrations du livre se colorer et s’animer, avec effets sonores en plus!

Ugo avait déjà expérimenté avec les livres interactifs dans ses deux dernières œuvres, Le vendeur de goyaves (2015) et Volcán (2018). « Les gens aimaient vraiment les effets, mais ils aimaient moins lire le texte sur un écran. Et à la base, je suis écrivain. Je ne voulais pas perdre l’aspect multimédia, mais je voulais revenir au papier. La possibilité d’utiliser la réalité augmentée s’est présentée! »

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès