Foresterie: Paul Sarrazin déçoit Patrick Melchior

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Le conseil des maires de la MRC Haute-Yamaska a refusé de présenter et d’appuyer une résolution de l’Agence forestière de la Montérégie, préoccupée par les effets négatifs pour la foresterie si cette MRC et celle de Brome-Missisquoi étaient transférées en Estrie pour ce ministère. Une décision qui déçoit le préfet de la MRC Brome-Missisquoi, Patrick Melchior.

La résolution de deux pages a été soumise à l’ensemble des MRC de la Montérégie. Elle liste tous les effets négatifs que pourrait avoir le transfert de la foresterie vers l’Estrie. L’Agence forestière de la Montérégie demande que son territoire ne soit pas amputé de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi et que son budget demeure le même.

«Le préfet Paul Sarrazin a dit qu’il n’avait pas d’information comme quoi il pourrait y avoir des pertes si la Haute-Yamaska était transférée en Estrie. Moi, c’est un autre son de cloche que j’ai eu, affirme M. Melchior. J’ai parlé à Claudine Lajeunesse, la directrice générale de l’AFM. Selon les experts, il y a des effets négatifs à transférer la foresterie.»

La Table des préfets de la Montérégie a été approchée également, mais les préfets ont préféré attendre que les deux MRC concernées se prononcent avant de passer au vote.

«Ce qui me déçoit le plus, c’est que si ça n’a pas d’impact négatif pour eux, ils pourraient nous appuyer quand même puisque ça ne leur enlève rien», croit le préfet de Brome-Missisquoi.

Préoccupée

La moitié du budget que reçoit l’AFM est pour la mise en valeur des forêts dans Brome-Missisquoi, où on compte 400 producteurs forestiers, et dans la Haute-Yamaska, où se trouvent 150 producteurs forestiers, informe Claudine Lajeunesse. Ces producteurs forestiers sont notamment des producteurs acéricoles.

La directrice générale de l’organisme de concertation est préoccupée par ce qui pourrait arriver à l’agence advenant un transfert de cette compétence à l’Estrie. La Montérégie est la seule région à avoir développé une entente sectorielle sur le développement des forêts privées. Le programme d’aménagement durable des forêts est aussi administré différemment en Estrie, alors que les chantiers forestiers sont plus imposants et mécanisés.

Elle a rencontré, avec le président de l’agence, M. Sarrazin en décembre pour lui présenter la résolution et répondre à ses questions, s’il en avait. Elle avait été rassurée.

Mais «à notre grande surprise, la résolution n’a pas fait l’objet d’un point à l’ordre du jour. Le président de l’agence a posé une question et c’est là que M. Sarrazin en a parlé. On était surpris de voir ça, d’autant plus que j’avais quand même envoyé à Johanne Gaouette [la directrice générale de la MRC], quelques jours avant la séance, toutes les lettres d’appuis et les lettres des conseillers forestiers qui desservent la Haute-Yamaska et qui détaillaient leurs préoccupations.»

La résolution a été appuyée par cinq MRC montérégiennes jusqu’à présent ainsi que par l’UPA de la Montérégie, des producteurs acéricoles, le syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec, et l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie.

Pour un transfert en totalité

Paul Sarrazin ne considère pas que l’AFM a présenté des faits préoccupants et il avait été plutôt rassuré par le ministre responsable de l’Estrie, François Bonnardel, comme quoi les argents suivraient.

«Le conseil des maires ne peut pas prendre de décision sur des informations incertaines, répond-il. Je comprends qu’il y a des gens qui peuvent être inquiets, mais quand on prend une décision, il faut se mettre au-dessus de la mêlée et regarder l’ensemble du portrait.»

La MRC Haute-Yamaska souhaite un transfert complet en Estrie, et non un transfert à la pièce. La municipalité régionale de comté est divisée en deux, alors qu’elle doit se référer à l’Estrie pour la moitié des ministères et à la Montérégie pour la balance.

«On a eu une rencontre complète dans Brome-Missisquoi où les élus des deux MRC étaient là avec des gens du gouvernement pour voir quels pouvaient être les impacts, ajoute-t-il. À date, personne ne m’a donné d’indication comme quoi il y aurait une perte de service, une perte de moyens.»

Il assure toutefois qu’il défendra les intérêts des différents intervenants le moment venu.

La résolution pourrait être appuyée par d’autres MRC dans la région et sera présentée de nouveau à la table des préfets.

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est