Foreurs contre Huskies: la «Guerre de la 117» reprend de plus belle

Michel Ducas, Initiative de journalisme local
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VAL D'OR, Qc — L’une des plus féroces rivalités dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, celle entre les Huskies de Rouyn-Noranda et les Foreurs de Val-d’Or, reprend de plus belle.

La première manche de la série aller-retour figure au calendrier, vendredi, au Centre Air Creebec, de Val-d’Or. Les deux formation renoueront, samedi après-midi, à l’Aréna Iamgold, de Rouyn-Noranda.

Les joueurs des deux formations sont comme des lions en cage, ayant disputé seulement quatre matchs avant la pause obligée des activités de la LHJMQ à la fin septembre.

«Les gars ont faim, affirme le directeur général des Foreurs, Pascal Daoust. La pandémie a bousculé beaucoup de choses dans nos processus en tant qu’équipe. Ça va faire du bien de disputer des matchs même si ce n’est pas dans des conditions optimales.»

«On commençait à trouver le temps long, affirme de son côté le capitaine des Foreurs, Jakob Pelletier. De plus, dans notre cas, nous n'avions pas connu un bon week-end à Drummondville quand ils ont décidé de suspendre les activités. Nous sommes prêts pour les Huskies. Cette rivalité-là donne toujours de bonnes batailles sur la glace.»

Pas de contrôle

«C’est comme un deuxième camp d’entraînement, indique l’entraîneur-chef et directeur général des Huskies, Mario Pouliot, en parlant du hiatus de 28 jours dans le calendrier. On n’a pas le contrôle sur la situation, on doit donc s’adapter comme on peut, et prendre cela une journée à la fois.»

Pouliot a bien connu ce que représente ces matchs Huskies-Foreurs, baptisés en Abitibi «la Guerre de la 117», clin-d’œil à ce qui était jadis la «Guerre de la 20», entre le Canadien et les Nordiques.

«Les Foreurs sont vus comme des prétendants au championnat cette année, alors que nous sommes les champions en titre, rappelle Mario Pouliot. Ils sont dangereux en contre-attaque et ils ont de bons vétérans en défensive. Quant à nous, nous devons améliorer notre échec-avant et mieux jouer quand nous avons la rondelle.»

Les partisans

La rivalité que constitue la «Guerre de la 117» ne se vit pas normalement que sur la glace.

Étant donné la proximité des deux villes (100 km), les partisans de l’équipe visiteuse font souvent le voyage pour encourager leurs favoris. Il en résulte une atmosphère survoltée lors de ces rencontres.

En raison des règles sanitaires, les matchs vont se jouer à huis-clos.

«C’est une dynamique très différente, explique Pascal Daoust. Les joueurs se nourrissent de l’énergie de leurs partisans lors de ces matchs, c’est littéralement un septième joueur, et ça peut parfois faire des miracles.»

«Ce n’est pas pareil, convient Mario Pouliot. L’émotion, c’est un gros élément dans la 'game'. Actuellement, les joueurs travaillent fort dans des conditions adverses. Sans compter l’incertitude qui règne actuellement dans la Ligue.»

Incertitude

Actuellement, seulement quatre équipes québécoises — l’Océanic de Rimouski et le Drakkar de Baie-Comeau sont les deux autres formations — ont pu reprendre leurs activités.

Pour ce week-end, la situation est claire, mais autant les Huskies que les Foreurs doivent accueillir des formations en zone rouge le week-end prochain: les Foreurs recevront les Voltigeurs de Drummondville, et les Huskies doivent affronter le Phoenix de Sherbrooke, deux équipes frappées durement par la COVID-19.

«Aucune décision n’a encore été prise pour ce qui est de la semaine prochaine, confirme le directeur des communications du circuit Courteau, Maxime Blouin. Nous attendons les consignes de la Santé publique.»

La reprise pourrait donc être de courte durée, ce qui est loin d’enchanter Mario Pouliot.

«Affronter les Foreurs cinq, six fois de suite, ce n’est pas une très bonne idée, à mon avis, indique-t-il. Déjà, lors du calendrier hors-concours, on affronte les Foreurs plusieurs fois. Et l’animosité monte à chaque match, ce qui veut dire des coups salauds et des risques de blessures.»

Texte de l'Initiative de journalisme local

Michel Ducas, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne