Fort rebond de la construction attendu au Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Ralentie par la pandémie de COVID-19, qui a causé une baisse de 3 % des heures travaillées en 2020, l’industrie de la construction au Saguenay-Lac-Saint-Jean devrait rebondir de 9 % en 2021, soutenue par les investissements publics.

Comme le veut la pratique, la Commission de la construction du Québec (CCQ) vient de publier son bilan 2020 et les perspectives de la prochaine année pour cette industrie qui compte 170 000 travailleurs à travers la province, dont 6000 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon les prévisions publiées, les travailleurs oeuvrant dans le secteur des chantiers électriques devraient profiter de l’année 2021 avec l’accélération de la construction de la nouvelle ligne Micoua-Saguenay d’Hydro-Québec, un projet d’une valeur de 793 M$ qui doit être complété en 2022. L’ensemble du projet sera partagé avec la Côte-Nord, qui a subi une baisse de 28 % des heures travaillées en 2020.

La CCQ ajoute à la liste la réfection de la centrale d’Isle-Maligne par Rio Tinto, au coût de 160 M$, d’ici 2026, ainsi que la réfection du centre de cuisson d’anodes avec un investissement de 209 M$. La construction du parc éolien Val-Éo figure également parmi les chantiers liés à la production d’électricité.

Il y a lieu de croire que certains travailleurs de la région profiteront de la réouverture du chantier Romaine 4, sur la Basse-Côte-Nord, ralenti dans la dernière année par des problèmes de sécurité. La CCQ prédit une hausse de 28 % des heures travaillées.

La réfection de la Centrale Rapide-Blanc, en Mauricie, sera également une source d’activités pour les travailleurs de la région, alors qu’un entrepreneur du Lac-Saint-Jean vient d’y décrocher un contrat de 12 M$.

Dans le secteur résidentiel, l’année 2021 pourrait être marquée par l’ouverture de trois chantiers de maisons des aînés ainsi que par le début de la construction du stade de soccer intérieur de Jonquière. Le démarrage des grands projets se fait attendre alors que Métaux BlackRock est toujours à la recherche de financement pour pouvoir lancer la construction d’une mine de ferrovanadium et d’une usine à Grande-Anse, bien que l’entreprise ait tous les permis en main pour lancer la construction. Il en va de même pour le projet d’exploitation d’apatite d’Arianne Phosphate.

Résidentiel

Les données publiées pour la construction résidentielle n’incluent pas de prévisions régionales, mais la CCQ indique que ce secteur terminera 2020 avec 51 550 mises en chantier, une hausse de 7 % comparativement à 2019. Un total de 32 millions d’heures travaillées figure au tableau, en baisse de 3 %.

La CCQ prédit une baisse de 3 % en 2021 avec 47 000 habitations construites et 31 millions d’heures travaillées. La baisse du nombre d’entrées de résidants non permanents, qui était en forte croissance ces dernières années, et la crise sanitaire expliquent la baisse anticipée.

Industriel

Selon les chiffres publiés, l’année 2020 aura été plutôt éprouvante pour le secteur industriel. L’activité allait déjà en ralentissant depuis le milieu de 2019, et le secteur peine à reprendre sa vitesse de croisière depuis la réouverture des chantiers. Le volume de travail s’établira à 9,5 millions d’heures travaillées, en baisse de 17 % par rapport à 2019. Ce sera le plus faible niveau d’activité généré par le secteur depuis le milieu des années 1990.

La fermeture des chantiers de la fin mars au début mai explique en grande partie ces faibles résultats. De plus, l’incertitude entourant la pandémie a entraîné l’annulation ou le report de divers projets, comme c’est le cas des travaux prévus par Valero à Lévis, qui sont repoussés à une date indéterminée.

Institutionnel

Le secteur institutionnel et commercial a été ralenti dans sa forte impulsion amorcée en 2018, et perdra 10 % en 2021, avec un volume de 88,0 millions d’heures travaillées, toujours selon ce qui est avancé par la CCQ. Loin d’être une catastrophe dans les circonstances, ce niveau se révèle être celui qui a été atteint il y a deux ans seulement. En 2021, le secteur reprendra graduellement du poil de la bête, même si l’incertitude risque d’être encore présente.

Du côté du commercial, la confiance est ébranlée et différents acteurs privés pourraient repousser leurs projets.

Denis Villeneuve, Initiative de journalisme local, Le Quotidien