Il faut augmenter le taux de pénétration des véhicules électriques, soutient AddÉnergie

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Contrairement à plusieurs organisations environnementales, Addénergie, le leader nord-américain en solutions de recharge des véhicules électriques, se dit satisfait du nouveau plan vert du gouvernement Legault, mais il recommande un coup d’accélérateur.

Le programme de lutte contre les changements climatiques s’attaque principalement au secteur des transports qui est responsable de 43 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dont une hausse 50 % dans le transport routier depuis 1990.

Le président de AddÉnergie, Louis Tremblay, est conscient que moins de 2 % du parc automobile actuel est électrique, mais il prévoit d’ici 2025 un schéma irréversible de la parité entre les véhicules à essence et les véhicules électriques. La compagnie s’attend à avoir les mêmes prix pour les deux types, avec le type électrique « ayant moins de coûts d’entretien, plus silencieux et plus confortable. »

Le Québec veut éliminer 29 millions de tonnes de CO2 d’ici 2030, mais son programme ne permettra d’atteindre que 42 % de l’objectif. Pour M. Tremblay, le parc automobile du Québec, qui se renouvelle tous les 10 ans, ne saurait avoir de véhicules à essence en 2045.

Il recommande de faciliter la pénétration des véhicules électriques dans la circulation en investissant dans les infrastructures de recharges.

Sa compagnie en a produit 11 000 ces 12 derniers mois et ne craint pas d’être débordée par la demande qu’elle attend. Elle a tissé un réseau de 30 000 bornes de recharge en Amérique du Nord depuis sa création.

Le plan vert a opté pour l’accompagnement des acheteurs des véhicules à émission zéro plutôt que d’imposer un goulot d’étranglement fiscal au parc automobile dont 63 % sont composés de VUS. C’est un choix politique visant à protéger les électeurs des régions selon certains, mais AddÉnergie écarte la méthode forte.

« Le malus, c’est déjà le prix de l’essence qui coûte de plus en plus cher. Je fais confiance au gouvernement », soutient Louis Tremblay qui n’exclut pas la possibilité d’ajuster progressivement les moyens mis en place. Il estime que l’arrivage de nouveaux modèles variés de VUS électriques ces dernières semaines finira par séduire la clientèle des régions.

Un plan très critiqué

Cette absence de mesure contraignante a suscité la critique de la confédération des syndicats nationaux qui reproche au plan Legault le manque de cibles et d’ambition. Son président, Jacques Letourneau, vise le secteur industriel responsable du tiers des émissions de GES. Il a indiqué que « l’urgence climatique commandait beaucoup plus que le saupoudrage de quelques incitatifs, sans contraintes réelles pour forcer le changement. » La confédération note aussi que le programme ne reflète pas les consultations menées auprès des groupes de travail.

Québec prévoit un investissement de 6,7 milliards de dollars sur 5 ans dont la moitié sera dédiée à l’électrification du transport. Ces chiffres s’ajoutent à 15 milliards précédemment annoncés pour de grands projets de transport en commun.

« La population qui s’est mobilisée pour le climat restera une fois de plus sur sa faim avec ce plan qui, malgré les milliards annoncés et certains efforts dignes de mention, est insuffisant pour respecter les engagements climatiques du Québec », a souligné Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace.

L’organisation exige la mise en place « d’un processus crédible pour travailler avec les scientifiques, la société civile, les municipalités, les entreprises et le fédéral », en plus d’une réglementation supplémentaire et une campagne d’éducation des masses.

Pour sa part, la fédération de l’industrie manufacturière plaide pour le nationalisme économique à travers « une clause pour favoriser les matériaux, les véhicules de transport en commun et les technologies fabriquées au Québec. Il est évident que le verdissement de l’économie exige beaucoup plus que l’électrification du parc automobile.

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français