Il y a la COVID-19, mais le VIH/SIDA est encore là, rappelle Maison Re-Né

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À l’occasion de la 33e journée mondiale de lutte contre le sida, Maison Re-Né constate que « la mobilisation s’est effritée ». L’organisme de Trois-Rivières trace des parallèles révélateurs entre la pandémie de COVID-19 et celle du VIH/Sida.

Selon l’organisme trifluvien, la lutte contre le sida a fait l’objet d’un relâchement remarquable ces dernières années alors que le danger n’est pas écarté. Il rappelle que les cibles fixées par l’Organisation des Nations Unies prévoient que 95 % de personnes devront connaître leur statut sérologique d’ici 2025 pour autant de sujets malades sous traitement. Il est donc prévu qu’à cette échéance, l’on ne puisse plus transmettre la maladie.

Cette vision contraste avec le niveau de mobilisation actuel, selon Maison Re-Né, qui note cependant que combattre le nouveau coronavirus est devenu, à raison, « le leitmotiv de la société québécoise. » Dans un communiqué, il cite les points de presse journaliers des gouvernements, les fonds investis pour enrayer la contagion ou créer un potentiel vaccin.

« Toutes les personnes se sentent concernées par la COVID-19, ce qui n’était pas le cas avec le VIH/SIDA, ce n’est pas nécessairement de la jalousie, mais plus une constatation », explique la directrice générale de Maison Re-Né, Carole Leclerc, plaidant pour que la lutte contre le premier virus continue.

En guise d’illustration, elle évoque des marches qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. L’évènement de la fondation Farha qui mobilisait au moins 30 000 personnes pour sensibiliser les gens et amasser des fonds il y’a quelques années, n’a pu, dit-elle, rassembler que 7 000 personnes l’année dernière à Montréal.

« Il ne faut pas négliger le rôle des maisons d’hébergement dans l’adhérence au traitement, il y a une clientèle plus vulnérable qui n’a pas accès au traitement du VIH/SIDA, on ne peut pas dire que c’est fini et se concentrer sur un seul virus », exhorte Mme Leclerc.

Le masque est plus facile que le préservatif

Même s’il reconnaît que le masque est plus facile à imposer que le préservatif, Maison Re-Né souligne des éléments de similitudes qui pourraient renforcer les moyens de lutte communs contre les deux pandémies.

Mme Leclerc fait allusion « à la stigmatisation, au déni ou à l’adhérence au traitement » auxquels les acteurs de la lutte contre le sida se sont attaqués depuis des décennies. Il en est de même pour les failles dans la gestion du système de santé, l’accès à l’emploi des migrants, les soins aux aînés ou encore la surproportion des cas chez les femmes.

Cet organisme qui œuvre pour la protection des personnes vivant avec le VIH note que le sexisme, la pauvreté ou le racisme engendrent des iniquités qui dans le cas du sida, fragilisent l’accès aux dépistages, aux soins et aux traitements.

« On sait que le personnel qui travaille dans les milieux communautaires n’a pas les mêmes revenus que celui du réseau de la santé, on ne demande pas la même attention, mais il faut maintenir la mobilisation et faire la riposte », plaide Carole Leclerc.

Reconnaissant les avancées scientifiques enregistrées dans le cadre de la lutte contre le VIH, elle insiste sur la persévérance dans les politiques publiques.

« On ne va pas tout arrêter quand les vaccins contre la Covid-19 vont arriver parce que beaucoup ne vont pas suivre, ça prendra du temps, mais on doit continuer à travailler sans négliger un virus ou un autre », a-t-elle conclu.

Le Canada a enregistré 2 561 diagnostics de VIH en 2018 selon les dernières données de l’agence de santé publique du Canada, soit une augmentation de 8,2 % par rapport à l’année précédente.

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français