Infirmières praticiennes spécialisées: un meilleur accès aux soins de santé

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MONTRÉAL — C'est lundi que sont entrées en vigueur de nouvelles dispositions qui permettent aux 550 infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de diagnostiquer certaines maladies, comme le diabète, l'hypertension et l'asthme.

Cela permettra aux IPS de jouir de plus d'autonomie, de mieux exercer leurs compétences, tout en facilitant l'accès aux soins de santé.

Ainsi, trois nouvelles activités s'ajoutent à celles que les IPS pouvaient déjà exercer: diagnostiquer des maladies (selon leur champ de compétence), déterminer des traitements médicaux et effectuer un suivi de grossesse.

Les IPS sont des infirmières qui détiennent une maîtrise et un diplôme d'études supérieures de deuxième cycle. Elles peuvent être spécialisées en première ligne, en néonatalogie, en santé mentale, en soins aux adultes ou en soins pédiatriques.

Elles peuvent travailler dans un GMF (Groupe de médecine familiale) ou dans un hôpital, selon leur expertise.

Une seule IPS peut avoir de 750 à 800 personnes à sa charge, a indiqué en entrevue lundi Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Il a louangé l'ancienne ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, pour son travail à ce chapitre. Elle y a «contribué beaucoup» et encore comme ministre de l'Enseignement supérieur, auprès des ordres professionnels.

«Ça faisait plusieurs années qu'à l'Ordre des infirmières, on travaillait là-dessus. On a eu des fois de bonnes discussions avec nos collègues du Collège (des médecins) mais, en même temps, une excellente collaboration», a rapporté M. Mathieu.

Du même souffle cependant, il indique que «ça ne changera pas beaucoup de choses dans leur pratique, parce que déjà, elles faisaient souvent ça, sauf qu'elles ne pouvaient coller le mot 'diagnostic' sur leurs impressions cliniques et les constats qu'elles faisaient».

Les premières IPS avaient été déployées au début des années 2000 au Québec, qui s'est donné comme objectif d'atteindre 2000 IPS d'ici 2024-2025.

«On est loin des autres provinces canadiennes» à ce chapitre, signale M. Mathieu.

Reste que pour les citoyens, ces nouvelles dispositions représentent un accès facilité aux soins. Et cela libérera aussi les médecins de certaines tâches.

La Fédération interprofessionnelle de la santé, de son côté, y avait vu, lors de l'annonce, «une victoire qui permettra aux IPS québécoises d'approcher le standard de pratique canadien».

«Il ne fait aucun doute que les IPS, tout comme les autres professionnelles en soins, font partie de la solution dans la crise sanitaire actuelle», avait commenté la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) en décembre, lors de l'adoption du règlement.

Lia Lévesque, La Presse Canadienne