Intimidation envers les élus : Val-d’Or s’engage dans la campagne de l’UMQ

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VAL-D’OR-La Ville de Val-d’Or est devenue lundi soir la première municipalité au Québec à s’engager dans le mouvement pour le respect dans la démocratie. La campagne, lancée un peu plus tôt dans la journée par l’Union des municipalités du Québec, vise à assainir le climat d’intimidation qui prévaut actuellement dans le monde municipal.

«Avec les réseaux sociaux, les risques de dérape sont plus présents, indique le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil. Grâce à la technologie, c’est plus facile maintenant d’exprimer son opinion, et ce, dans l’anonymat le plus total. La conséquence, c’est que certains élus sont victimes de menaces qui n’existaient pas auparavant. Le dossier des chevreuils à Longueuil en est un bel exemple.»

Des propos de plus en plus durs

Pierre Corbeil a plus de 30 ans d’expérience en politique. D’abord élu comme conseiller en 1988, il est aire de Val-d’Or depuis 2013, après un passage à l’Assemblée nationale de 2003 à 2007, puis de 2008 à 2012. Sans avoir été la cible de menaces ou d’intimidation, il constate que le vocabulaire employé à son endroit est plus cru, surtout en période de pandémie, où les citoyens sont plus à cran qu’à l’habitude.

«Les gens ne font pas dans la dentelle, image le maire. Les commentaires sont salés, voire acerbes. On l’a vu ici entre autres en 2019, avec le dossier Sandra Gaudet, ou avec les militants anti-discrimination. Quand j’ai commencé en politique, on n’était pas témoins de ça. De temps à autre, il y avait ds sorties dans les médias, mais les commentaires ont augmenté en quantité et en intensité.»

D’autres actions

Le maire de Val-d’Or croit que si la situation ne s’améliore pas, la démocratie pourrait en souffrir, surtout au niveau municipal. «Avant, on voulait encourager les gens à s’impliquer dans le milieu municipal. Avec la situation actuelle, on essaie maintenant de ne pas les décourager de s’impliquer, affirme M. Corbeil. Les interventions sur les médias sociaux ont un effet de cumul, et certains hésitent à se lancer en politique pour ces raisons.»

Le maire Corbeil, qui est membre du conseil d’administration de l’UMQ, explique que la résolution adoptée lundi soir pas son conseil, n’est qu’une première étape. «On est actuellement en mode sensibilisation, explique-t-il. On veut éveiller les consciences sur les conséquences du manque de respect dans l’espace public. On va voir lors des assises de l’UMQ, en mai, s’il y a lieu de poser d’autres actions. Il faut avoir à l’esprit que toutes les municipalités au Québec tiendront des élections en novembre prochain.»

M. Corbeil croit que d’autres municipalités emboîteront le pas au cours des prochains jours. «C’est un hasard du calendrier si nous sommes les premiers à adopter la résolution, explique-t-il. À leur prochaine séance, d’autres municipalités vont se joindre au mouvement.»

Michel Ducas, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne