Jeûner pour diminuer les effets secondaires de la chimiothérapie

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Selon une étude de BMC Cancer, une revue médicale publiée par BioMed Central, le jeûne de courte durée aurait des effets sur la qualité de la vie et la tolérance à la chimiothérapie, notamment pour les patients atteints de cancer du sein et des ovaires.

Cette étude a été réalisée sur 34 patients qui ont été choisis au hasard pour le jeûne de courte durée durant la première moitié des traitements de chimiothérapie. Le jeûne a commencé 36 heures avant et s'est terminé 24 heures après la chimiothérapie, totalisant une période de jeûne de 60 heures. Ainsi, l’étude a conclu que le jeûne de courte durée pendant la chimiothérapie est bien toléré et semble améliorer la qualité de vie et la fatigue pendant les traitements.

Selon plusieurs expériences qui ont été faites, le jeûne de courte durée protégerait contre les effets indésirables de la chimiothérapie et rendrait les cellules cancéreuses plus vulnérables. Étant donné que le corps est privé de glucides, les cellules cancéreuses ne peuvent pas les utiliser comme source d’énergie et n’ont pas la capacité de recourir aux lipides, contrairement aux cellules saines qui peuvent les utiliser.

Elles se retrouvent donc affaiblies. Bien que cette pratique ait prouvé qu’elle peut diminuer les effets secondaires de la chimiothérapie, les études ne démontrent pas jusqu’à maintenant les effets sur les tumeurs en tant que telles. (Source : BMC Cancer)

Nathalie Prud’homme, atteinte du cancer du sein et effectuant des traitements de chimiothérapie depuis plus de 10 ans, a elle-même testé cette pratique et en confirme son efficacité : « J’observe une diminution marquée des effets secondaires reliés à la chimiothérapie, notamment au niveau des douleurs, mais le jeûne peut aider aussi pour la neuropathie périphérique (engourdissement des pieds et mains), pour l’estomac et la digestion. Il y a des études en cours quant à l’efficacité de la chimio, mais selon moi, juste pour la diminution des douleurs, ça vaut la peine. »

En effet, depuis des années elle jeûne pendant, durant et après ses traitements, pour une période d’environ 72 heures, c’est-à-dire qu’elle ne consomme que de l’eau ou de la tisane. « Si ça ne marchait pas, il y a longtemps que j’aurais arrêté de le faire ! », souligne-t-elle.

Le professeur Valter Longo a fait plusieurs études sur le jeûne et a notamment publié un livre à ce sujet, The Longevity Diet, après 30 années de recherche. Dans cet ouvrage, il parle des effets positifs d’une diète qui imite le jeûne et permet notamment de rajeunir les cellules. Selon ses conclusions, adopter une telle diète quelques fois par année permettrait d’allonger sa durée et sa qualité de vie.

Marie-Catherine Goudreau, Initiative de journalisme local, Journal Accès