Jean Beaulieu dénonce une «intervention sauvage» du CIUSSS

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Trois-Rivières – L'artiste Jean Beaulieu ne mâche pas ses mots envers le traitement accordé à sa mère et à d'autres occupants de la résidence pour aînés Saint-Pie X à Trois-Rivières qui ont été évincés des lieux après qu'une plainte ait été déposée contre l'établissement. Il soutient que le CIUSSS a été «sauvage» dans sa façon de procéder et sans considération pour les personnes âgées qui y demeuraient.

«Le CIUSSS m'a appelé pour me dire que j'avais 48 heures pour sortir ma mère de là parce qu'il était question de maltraitance physique et mentale», explique M. Beaulieu, qui assure pourtant n'avoir jamais été témoin de tels gestes. Il précise que sa mère était très heureuse de se trouver à cette résidence.

«Ça faisait seulement six mois qu'elle était là. Ma mère a 90 ans. Elle avait dit au CIUSSS de me parler pour être sûr. Et là, je découvre que malgré ça, ils ont parlé à ma mère sans que je sois là», exprime-t-il.

Selon lui, il est insensé et irrespectueux d'exiger des proches de trouver un nouveau logis à leur parent en 48 heures.

«Il a fallu que je trouve une autre place pour elle. En 48 heures, ce n'est pas facile et le nouvel endroit coûte 900$ de plus par mois. Il n'était pas meublé, en plus», affirme-t-il, en colère.

L'aide suggérée par le CIUSSS jusqu'à maintenant ne remplit pas ses critères.

«Ils m'ont dit qu'ils pouvaient m'aider pour trois mois et qu'après, je devrais m'arranger. Ça n'améliore rien.»

«Ce que je veux, c'est que le CIUSSS assume la différence, tout simplement, parce qu'ils n'ont rien expliqué», précise M. Beaulieu.

«Ils veulent sûrement que ma mère aille en CHSLD. Ma mère n'ira pas dans un nid de COVID», assure-t-il.

Ce dernier a d'ailleurs dénoncé la difficulté à discuter avec la direction du CIUSSS pour traiter du sujet.

«Je me suis tanné. Personne n'était rejoignable ou disponible. Je suis allé m'asseoir dans les bureaux avec mon lunch et j'ai dit que je ne partirais pas tant que je n'aurais pas parlé au PDG. Il n'y a jamais personne qui est responsable! C'est sauvage. Un moment donné, ça suffit.»

D'ailleurs, l'organisation assure être sensible à la cause de M. Beaulieu.

«On veut travailler avec M. Beaulieu et notre PDG Carol Fillion est bien sûr ouvert à le rencontrer. On souhaite trouver un lieu qui conviendra aux besoins de la mère de M. Beaulieu», raconte Geneviève Jauron, chef de service aux communications externes au CIUSSS.

Jean Beaulieu a été exaucé, alors qu'une rencontre est prévue mercredi à 11h avec des dirigeants du CIUSSS.

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local, Le Nouvelliste