Jean-Yves Tremblay revendique des soins à Dolbeau-Mistassini

Serge Tremblay, Initiative de journalisme local
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Atteint d’un cancer, Jean-Yves Tremblay a fait le saut lorsqu’il a appris qu’il ne pouvait être traité à l’hôpital de Dolbeau-Mistassini. Une situation qu’il dénonce en revendiquant le droit à la population d’avoir accès à des soins de proximité

À 71 ans, Jean-Yves Tremblay combat le cancer depuis sept ans. Pendant un certain temps, il était sur un traitement par voie orale, mais l’évolution de sa maladie exige une approche plus agressive et il doit revenir à la chimiothérapie par intraveineuse.

« J’ai été très surpris d’apprendre qu’il n’y avait plus de traitements à Dolbeau-Mistassini et que je devais plutôt aller à Alma. On n’arrête pas de nous demander de rester chez nous, surtout à mon âge, et là je devrais aller à Alma, un foyer d’infection à la COVID-19, pour suivre mon traitement. C’est inconcevable », laisse-t-il tomber.

Jean-Yves Tremblay a fait un choix difficile : il a décidé de refuser d’aller prendre ses traitements à Alma, du moins à court terme. Même si cela peut avoir une incidence sur sa santé, il estime qu’il n’y pas de raisons valables pour lesquelles il ne pourrait pas être traité à Dolbeau-Mistassini, comme ce fut toujours le cas dans le passé.

« J’ai appelé les gestionnaires et je les ai avisés que je ne voulais pas suivre le traitement à Alma. Mon médecin m’a dit d’attendre une semaine et qu’il allait me rappeler pour voir quelles sont les options. S’il est possible de continuer à prendre un traitement oral un certain temps, c’est ce que je ferai. Si je dois me résigner à aller à Alma, je n’aurai pas le choix. »

Faire une heure de route à l’aller et au retour pour suivre un traitement qui vous laisse dans un état de fatigue majeur avec différents effets secondaires n’a évidemment rien de réjouissant.

Pas d’accusation

Jean-Yves Tremblay ne souhaite pas jeter la pierre à personne. Il est convaincu que les gens sont de bonne volonté, notamment à Dolbeau-Mistassini, où il affirme avoir toujours été traité de façon remarquable par le personnel.

« Je comprends bien que ce n’est pas nécessairement simple, mais ça, ce n’est pas mon problème. Moi, mon problème, c’est d’avoir un traitement et de combattre le cancer. Le problème de gérer le personnel et de trouver des solutions, c’est celui du CIUSSS. »

Et Jean-Yves Tremblay n’est évidemment pas seul dans sa situation. C’est entre autres ce qu’il l’a motivé à dénoncer publiquement cette situation.

« Je ne parle pas juste pour moi. Je connais une jeune fille qui avait ses traitements à Dolbeau-Mistassini et qui doit maintenant se rendre à Alma par un traitement d’une durée de 15 minutes. Le but, c’est d’alerter l’opinion publique et d’obtenir des solutions. »

Serge Tremblay, Initiative de journalisme local, Le Lac St-Jean