L’improvisation pour faciliter l’intégration

Nicholas Pereira, Initiative de journalisme local
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Les ateliers Plaisir du français, offerts par la Rencontre Théâtre Ados (RTA) dans les classes d’accueil en francisation de l’école secondaire Saint-Maxime, ont permis à des jeunes d’apprendre à mieux maîtriser le français grâce à des exercices d’improvisation tout au long de l’année scolaire 2019-2020.

Une étude réalisée avec le Collaboratoire a aussi démontré que cette méthode d’apprentissage permettait aux jeunes de sortir du cadre habituel et que plusieurs d’entre eux se sentaient plus à l’aise de s’impliquer davantage.

«Notre idée est d’amener des astuces pour les jeunes et leur permettre de trouver le bon mot à travers l’improvisation s’ils sont pris dans leur vocabulaire à eux, précise Sylvie Lessard, directrice générale de la RTA. On veut qu’ils miment le mot qu’ils veulent dire et que ça s’intègre dans leur tête.»

Marie-Pierre Gendreau, directrice des actions culturelles à la RTA, note également que leurs médiateurs s’assurent d’être sensibles à la situation de chacun des jeunes des classes d’accueil.

«L’idée n’est pas d’amener un choc culturel, mais de les intégrer doucement dans nos valeurs, explique-t-elle. La médiation est vraiment une rencontre entre un adolescent et le théâtre et, dans ces ateliers, on ajoute le vécu de l’immigrant.»

Les ateliers Plaisir du français existent depuis 2016.

Toutefois, sans l’étude du Collaboratoire, qui a été faite auprès de 75 élèves provenant de 5 classes d’accueil, entre les mois de février et avril 2019, il était plus difficile de cerner l’impact du programme.

«Lorsque les jeunes partent vers l’enseignement régulier, nous n’avons plus accès à leur cheminement, précise Mme Lessard. On a toujours accès au même niveau d’enseignement, donc c’était important de faire un portrait pour aller plus loin avec ce projet.

Cette étude a été divisée en quatre grands axes, soit l’enrichissement des outils de francisation dans les classes d’accueil, la socialisation à la culture scolaire et québécoise, l’intégration du savoir être, ainsi que l’épanouissement de l’élève par le développement de la créativité, de la confiance et du plaisir.

Elle a permis de constater plusieurs points forts des ateliers, mais aussi des recommandations, telles que de construire un projet à long terme qui aurait une certaine finalité.

Cette proposition du rapport a mené au lancement du projet Lettres de mentors. Celui-ci aura lieu dans les écoles secondaires Saint-Maxime, Mont-de-La Salle et Leblanc.

Au total, 31 lettres rédigées par des professionnels issus de l’immigration seront livrées à près de 400 jeunes arrivants. Parmi les participants, notons la présence de Mehdi Bousaidan, Ruba Ghazal, Kim Thúy, Amir Khadir et plusieurs autres.

«Ces jeunes ont très peu de modèles, car ça ne fait pas longtemps qu’ils sont au Québec, rappelle Mme Gendreau. Leur réseau est très limité. Ils ont quelques amis à l’école, mais ils ne sont pas en contact avec les jeunes du régulier. On a pensé qu’il serait bien qu’ils puissent avoir des modèles de référence qui ont vécu un parcours semblable.»

À la suite de cette première correspondance, les jeunes pourront se regrouper par petits groupes en fonction du métier choisi et rédiger une lettre dans laquelle ils posent des questions.

Les mentors leur répondront une nouvelle fois, puis les jeunes réaliseront une présentation théâtrale de deux minutes devant les mentors à l’aide des éléments reçus dans la lettre. Pour le moment, ces présentations sont prévues pour les mois d’avril et mai selon l’évolution du contexte de pandémie de la COVID-19.

«C’est un grand projet de médiation pour célébrer la diversité culturelle et motiver les jeunes à prendre une part active au sein de la société québécoise», conclut Frédérick Moreau, chargé du programme d’animation culturelle à la RTA, par voie de communiqué.

Nicholas Pereira, Initiative de journalisme local, Courrier Laval