L’Ontario n’en sait pas assez sur l’état de sa biodiversité pour savoir la protéger

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ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

Le ministère de l’Environnement de l’Ontario ne connaissait pas suffisamment l’état de la biodiversité dans les zones actuellement protégées de la province pour pouvoir démontrer au bureau de la vérificatrice générale qu’il se conforme à son devoir de préserver les espèces et leurs habitats dans ces zones.

« Le ministère de l’Environnement de l’Ontario et le ministère des Richesses naturelles doivent faire davantage pour protéger la biodiversité à l’intérieur du réseau ontarien de parcs provinciaux, de réserves de conservation et d’autres zones protégées, particulièrement dans le Sud de l’Ontario, où la biodiversité est le plus à risque », indique la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, dans son rapport annuel publié mercredi.

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Il est ressorti de l’audit à propos de la conservation de l’environnement naturel au moyen des zones protégées que le ministère de l’Environnement ne recueille pas assez d’informations « sur ces espèces, sur l’ampleur et les répercussions de la présence d’espèces envahissantes, ni non plus sur l’impact de la chasse, de la pêche et du piégeage, qui peuvent nuire aux espèces indigènes dans les parcs provinciaux et les réserves de conservation ».

Pourtant, les zones protégées abritent plus des trois quarts des espèces en péril de la province.

La perte de biodiversité a été classée parmi les cinq principaux risques qui planent sur les économies au cours de la prochaine décennie.

Un plan à long terme nécessaire

La vérificatrice constate également que contrairement aux autres provinces canadiennes, l’Ontario n’a pas de plan à long terme ni de cible pour assurer l’expansion de son réseau de zones protégées.

La province ne dispose pas non plus du personnel nécessaire pour protéger sa nature sauvage, ses parcs et ses zones protégées, et qu’il s’agit de l’une des raisons qui expliquent de nombreux problèmes cernés par son bureau.

Dans le Grand Nord, le nombre d’employés à temps plein du ministère des Richesses naturelles qui travaillent à la planification de l’aménagement du territoire a diminué de moitié, passant de 22 en 2018 à 10 au moment de l’audit.

Mme Lysyk conclut qu’il faut un meilleur réseau de zones protégées pour ralentir la perte de biodiversité, particulièrement dans le Sud de l’Ontario, région qui n’est couverte que par 0,6 % de ces zones. C’est pourtant dans cette région que la biodiversité est la plus grande, et où elle est le plus à risque en raison de la forte densité de population humaine.

Dans son audit « Établissement d’indicateurs et de cibles, et surveillance de l’environnement en Ontario », la vérificatrice générale a par ailleurs révélé que les ministères n’ont pas mis en place « de systèmes et de processus efficaces pour fixer des cibles portant sur des aspects précis de l’environnement de l’Ontario, mettre en oeuvre des pratiques de surveillance efficaces afin d’atteindre ces cibles, et assurer à la fois la qualité des données environnementales et le partage de ces données ».

La VGIl n'existe pas de cibles pour la conservation de l'eau en Ontario.

123RF

Liste des aspects pour lesquels il n’existe pas de cibles en Ontario

La vérificatrice relate que l’examen d’un échantillon de 16 espèces en voie de disparition a montré que 12 d’entre elles ne faisaient pas l’objet d’un protocole de surveillance, « même si l’on a déterminé il y a 10 ans de cela qu’une telle mesure constituait une priorité dans leur cas ».

Émilie Pelletier, journaliste, Initiative de journalisme local, Le Droit