L'équipe canadienne alpine doit composer avec des décisions complexes cet hiver

Donna Spencer
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Erik Read veut «rester positif» malgré la plus longue virée de sa vie.

Valérie Grenier vient pour sa part de terminer sa deuxième quarantaine à domicile en trois mois.

Les skieurs alpins canadiens sont traditionnellement parmi les athlètes des sports d'hiver qui voyagent le plus au pays.

L'équipe nationale est divisée en sous-équipes participant à des épreuves techniques et de vitesse chez les hommes et les dames des deux côtés de l'Atlantique lors d'un week-end d'hiver.

Les épreuves de la Coupe du monde sont concentrées en Europe cette saison en raison de la pandémie de la COVID-19.

Les voyagements, les entraînements et les compétitions en 2020-2021 se veulent un exercice compliqué pour les skieurs et Canada Alpin.

La décision de l'Union européenne de retirer les Canadiens de sa liste des voyageurs approuvés, le 22 octobre, ajoute à l'incertitude quant aux déplacement des athlètes.

Les pays et même les régions se veulent l’autorité suprême pour déterminer qui est autorisé à entrer.

Les athlètes professionnels peuvent également être classés comme «sportifs» et autorisés en tant que travailleurs.

«En termes de logistique et de problèmes opérationnels, il s'agit d'un tout nouveau terrain de jeu», a expliqué le directeur de la haute performance chez Canada Alpin, Phil McNichol.

«En ce moment, vous avez en Europe non seulement des pays, mais des parties de pays, où les restrictions diffèrent.

«Il ne se passe pas une journée où il n'y a pas de nouvelle alerte, des revirements de situation, des défis auxquels nous sommes confrontés.»

Choix difficiles

Avec l'annulation de l'entraînement printanier à Whistler, en Colombie-Britannique, et le ski d'été sur glacier en Amérique du Sud en raison de la pandémie, les skieurs canadiens se sont rendus en Europe à la fin juillet pour retrouver la neige.

«Nos homologues suisses, autrichiens, italiens et scandinaves ont tous eu des opportunités dans leur propre pays», fait remarquer McNichol.

Décider si, quand et pendant combien de temps rentrer au Canada, et déterminer dans quelle mesure la quarantaine de 14 jours requise pourrait nuire aux performances, n'est que la moitié du casse-tête pour les athlètes.

Ceux qui rentraient chez eux pour une pause avant leur saison de course devaient gérer la quarantaine, déterminer quand retourner en Europe et se préparer aux nouvelles restrictions auxquelles ils pourraient être confrontés.

Grenier a passé deux semaines à éviter ses parents dans le couloir de leur résidence de St-Isidore, en Ontario, après avoir participé au slalom géant d'ouverture de la saison les 17 et 18 octobre à Sölden, en Autriche.

La jeune femme de 24 ans bénéficie d'une courte fenêtre de liberté avant son retour prévu en Europe la semaine prochaine.

Grenier s'est également retrouvée en quarantaine en août après le camp d'entraînement d'été, bien qu'elle et une coéquipière aient passé les deux semaines dans un chalet familial.

«Ce temps était donc bien meilleur, a reconnu Grenier à La Presse Canadienne. Cette fois, c'était logique car nous avons une longue pause avant la prochaine course. Ce n'est que début décembre.

«Je voulais vraiment rentrer à la maison pour voir ma famille, mes amis et mon petit ami. Ça valait le coup pour moi.»

Séjour prolongé

Read, qui a également participé à la course à Sölden, est en Europe depuis le 21 septembre. L'athlète de Calgary, âgé de 29 ans, a l'intention d'y rester jusqu'à la fin de la saison en mars.

«Je peux vous dire que j'ai amené une grande quantité de vêtements, a expliqué Read depuis l'Italie.

«Ma stratégie était d'apporter de l'équipement pour me permettre de faire d'autres activités. Je n'apporte normalement pas mes affaires de randonnée en Europe.»

Read a ainsi plus de souplesse pour s'adapter à l'évolution des règles et des restrictions en Europe s'il y reste.

La possibilité que les restrictions de voyage puissent être resserrées pour les Canadiens était une autre incitation à y demeurer.

«L'Italie a fermé les stations de ski au public, mais les 'sportifs' peuvent s'y entraîner, a ajouté Read.

«Nous pouvons utiliser les sites d'entraînement sans problème. Je pense que c'est plus s'il y a des restrictions plus élargies que cela pourrait nous affecter.

«Je suis préparé à l'idée que nous pourrions tout à coup devoir rentrer chez nous si un confinement complet se produit à travers l'Europe.»

Read attribue le titre de «Roi de l'éloignement» de l'équipe alpine à son coéquipier Trevor Philp. Le Torontois de 28 ans est parti de la maison depuis juillet.

Les deux doivent participer à des épreuves de slalom géant parallèle de la Coupe du monde les 13 et 14 novembre à Lech et Zuers, en Autriche.

Donna Spencer, La Presse Canadienne