La 117 au centre du développement économique

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La route 117 est une des artères vitales de la région des Laurentides et un de ses symboles. Depuis quelques années, elle est aussi le catalyseur du développement économique des municipalités qu’elle traverse. Discussion avec Paul Germain, maire de Prévost, et Nathalie Rochon, mairesse de Piedmont.

Depuis une dizaine d’années, Prévost a grossi, beaucoup et vite. De nombreux projets résidentiels ont fait augmenter la population, ce qui amènera de nouveaux défis pour la ville. « Dans une dizaine d’années, ces rues seront à refaire, et la ville se retrouvera devant un mur budgétaire. Donc c’est important d’augmenter les recettes fiscales de la ville, ce qu’on a fait », explique M. Germain.

Au cœur de sa stratégie : la 117.

Pour le maire de Prévost, la 117 a ses pour, mais aussi ses contre. « La fameuse 117 est parfois un peu embêtante. Elle coupe le tissu urbain en deux. D’un autre côté, elle est très attractive pour les gens qui viennent s’établir chez nous. »

Il donne l’exemple du Canac, qui vient de s’établir à l’entrée sud de la ville. La quincaillerie demeure facilement accessible à la clientèle, même si elle est à l’extérieur de Saint-Jérôme.

À Piedmont, Mme Rochon reconnaît que la 117 a aussi séduit plusieurs commerçants qui se sont établis en bordure du boulevard, comme la boulangerie Merci la Vie ou le café Olodge qui ouvrira bientôt. « C’est attirant, avoir la vue sur nos belles montagnes et être sur le bord de la rivière du Nord. Il y a quelque chose de pittoresque. » La mairesse ajoute que l’accès rapide à l’autoroute 15, tout près, ne nuit pas non plus.

De plus en plus de gens viennent s’installer à Piedmont aussi, en particulier depuis la pandémie. « On n’a pas encore les chiffres, mais c’est sûr que ça bouge beaucoup depuis un an et demi. Ça vient avec la partie commerciale. »

Pour beaucoup de nouveaux résidents, le télétravail est plus agréable à Piedmont, lorsqu’on a accès aux Laurentides et à ses activités de plein air une fois la journée terminée.

Sans compter que des entreprises comme Hybride, une filiale d’Ubisoft spécialisée dans les effets spéciaux, Équipe Laurence, une firme d’ingénieur, et Boisclair & Fils, manufacturier de béton, sont installés dans la municipalité. Les citoyens ont donc accès à des emplois bien rémunérés, directement dans leur municipalité, ce qui crée une bonne vitalité économique.

C’est d’ailleurs l’objectif de M. Germain : faire de la 117 l’épicentre du développement économique à Prévost. « C’est tout un éco-système qu’il faut entretenir. On commence par créer des emplois sur le territoire de la ville, qui vont en attirer d’autres, pour élargir l’offre de services pour les citoyens. »

Si plus de citoyens peuvent travailler sans sortir de leur ville, ils seront aussi plus nombreux à dépenser dans les commerces locaux. « Si on veut attirer des commerces de proximité, il nous faut une clientèle de soir. »

M. Germain admet qu’il reste encore du travail à faire de ce côté. Toutefois, avec la revitalisation du Vieux-Shawbridge, le nouveau centre commercial en construction et celui près des Clos Prévostois toujours en expansion, les choses avancent bon train. « D’ici l’automne 2021, il y aura 400 emplois de créer depuis 3 ans, juste sur la 117. »

La pandémie met toutefois plusieurs commerces à dure épreuve. M. Germain a déjà sorti dans les médias, plus tôt cet automne, pour que Prévost soit désignée zone orange plutôt que rouge. Cela permettrait à ses restaurants de rouvrir. Le préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord, Bruno Laroche, vient de renouveler cette demande.

Cependant à Piedmont, en zone orange, les commerçants profitent de l’afflux de clients venus du sud. Un bar à vin, Baumier, devrait même ouvrir sous peu, sur le chemin Avila. « Les choses vont bien pour les commerçants. Si on peut rester comme ça… on se croise les doigts », espère Mme Rochon.

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès