La bonification et les assouplissements des programmes d’assistance sociale sont prolongés

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Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a annoncé la prolongation des mesures d’assouplissement et la bonification des programmes d’assistance sociale jusqu’au 31 mars.

Par exemple, la période de suspension du recouvrement des retenues sur les prestations d’aide financière et d’emploi pour les personnes qui bénéficient d’un programme du Ministère représente 6,7 millions de dollars pour février et mars 2021.

Le ministre annonce également la prolongation des dispositions concernant les allocations pour contraintes temporaires et sévères à l’emploi venant à échéance d’ici le 31 mars 2021. «Cette mesure permettra d’éviter que des prestataires sortent pour aller dans une clinique médicale ou un centre hospitalier afin d’obtenir un rapport médical, et ce, toujours afin de réduire les risques de contamination. Qui plus est, cette mesure donnera l’occasion au réseau de la santé de concentrer ses efforts sur la lutte contre la pandémie», indique-t-on.

De plus, la non-comptabilisation des revenus reçus sous forme de dons pécuniaires au-dessus de l’exclusion prévue de 100 $ par mois est aussi prolongée jusqu’au 31 mars 2021.

Des réactions

Ces mesures ont évidemment fait réagir. Pour le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la prolongation de deux mois du moratoire sur le recouvrement des dettes et d’autres assouplissements administratifs est nécessaire, mais nettement insuffisante pour faire oublier ce qu’il qualifie «d’inaction généralisée» du gouvernement du Québec pour soutenir les personnes assistées sociales pendant la crise de la COVID-19.

«Le gouvernement du Québec nous montre encore une fois à quel point il est déconnecté de la réalité des personnes assistées sociales. Les mesures annoncées ne leur permettront pas d’améliorer leur sort. Au mieux, cela les aidera à garder la tête hors de l’eau, car c’est le mieux qu’une personne vivant seule peut faire avec une prestation mensuelle d’aussi peu que 708 $ au programme d’Aide sociale, un montant permettant de couvrir à peine la moitié des besoins de base reconnus», se désole le porte-parole du Collectif, Serge Petitclerc en rappelant que l’organisme de défense réclame une aide financière supplémentaire pour ces personnes qui ont été durement affectées par la crise sanitaire.

«La prolongation du moratoire, ça reste une mesure fort timide. Évidemment, elle va permettre à certaines personnes de souffler un peu, mais n’oublions pas que le gouvernement fait juste repousser de quelques mois le remboursement des dettes. D’ailleurs, il est illogique que le Ministère continue d’établir des dettes malgré le moratoire. C’est notamment le cas pour des personnes qui auraient perçu indûment la Prestation canadienne d’urgence (PCU)», ajoute le porte-parole.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal