«La crise sanitaire s'est transformée en crise généralisée des conditions de travail» - Sonia Ethier de la CSQ

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
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TRAVAIL. Devant 300 personnes déléguées réunies en conseil général, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier a lancé un cri d'alarme au gouvernement de François Legault pour que le plan de relance économique prévoie de toute urgence un rehaussement des conditions de travail pour les travailleurs de l'éducation, de la santé, de l'enseignement supérieur et de la petite enfance du Québec. «Résultat des années d'austérité et de sous-investissement, les services à la population sont actuellement confrontés à une véritable crise des conditions de travail. À coup de lois spéciales, de budgets étriqués et de compressions, on nous oblige depuis des années à faire toujours plus avec moins. En santé et en éducation, le gouvernement a été dans l'obligation de faire appel à l'armée canadienne ou de lancer des initiatives de recrutement à vitesse accélérée pour compenser les mauvaises conditions de travail. C'est le "syndrome de la chaudière percée". Le gouvernement a beau multiplier les initiatives pour ajouter des ressources, tant qu'il ne réglera pas le problème structurel des conditions de travail, il ne fait que nourrir le problème. Ça continue de couler de partout et ça ne fait qu'entretenir un cercle vicieux», lance Sonia Ethier pour qui la crise des conditions de travail a actuellement un impact direct sur les services à la population, particulièrement en ce qui a trait aux conditions de vie des personnes aînées hébergées. «Déjà, en 2018, on a dénoncé vivement la situation de maltraitance organisationnelle causée par l'inaction des gouvernements. Au printemps dernier, l'AREQ-CSQ était au front pour soutenir le personnel qui œuvre auprès des personnes les plus vulnérables de notre société, pendant que le gouvernement laissait les CHSLD dans l'angle mort. Les mauvaises conditions de travail sont à l'origine d'une hécatombe qui est a causé plus de 4 000 morts, souvent dans l'indignité, par manque de personnel et de ressources», soutient la présidente de la CSQ. Du côté des négociations du secteur public, elle déplore que le gouvernement continue de mettre en pratique la stratégie qu’elle qualifie «de la sourde oreille». «On est devant un gouvernement intransigeant qui semble vivre dans un autre monde. Malgré nos propositions et notre contreproposition, il reste campé sur sa position initiale, qui est à peu de choses près un copier-coller de l'offre insultante de décembre dernier, qui ne règle rien», explique Sonia Ethier pour qui la pandémie «commence à avoir le dos large». Aux conditions de travail précaires dans les milieux s'ajoute les décrets ou arrêtés ministériels qui ont été adoptés depuis le printemps dernier pour suspendre plusieurs articles de droits et de conventions touchant le travail indique le syndicat regroupant plus de 200 000 membres. «Il y a des limites à se servir de la pandémie pour imposer à peu près tout et n'importe quoi. On constate une dérive autoritaire à plusieurs égards. Ces arrêtés maintiennent une pression négative sur les milieux de travail et jettent de l'huile sur le feu des problèmes de rétention et d'attraction du personnel», conclut Sonia Ethier.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, Le Canada Français